En marge du GITEX Africa 2026, qui se tient du 7 au avril à Marrakech, Maroc Telecom et la Commission européenne ont engagé des discussions de haut niveau sur les enjeux de souveraineté numérique. Une convergence stratégique entre l’Afrique et l’Europe face aux défis technologiques mondiaux.
À l’occasion du GITEX Africa 2026, Mohamed Benchaaboun, CEO de Maroc Telecom, a rencontré Henna Virkkunen, vice-Présidente exécutive de la Commission européenne en charge de la souveraineté technologique.
Cette réunion a donné lieu à un dialogue approfondi autour des grands défis numériques contemporains : sécurisation des infrastructures critiques, gouvernance des données, cybersécurité et construction d’un modèle technologique souverain.
La souveraineté numérique, un enjeu partagé
Au cœur des discussions : la souveraineté numérique, devenue un pilier stratégique aussi bien pour l’Union européenne que pour les pays africains.
Dans un contexte de montée des cybermenaces et de concentration des géants technologiques, les deux parties affichent une ambition commune : reprendre le contrôle des infrastructures, des données et des écosystèmes numériques. Côté européen, cette vision s’inscrit notamment dans le cadre du Digital Network Act.
Maroc Telecom, acteur clé de la transformation digitale africaine
En tant qu’opérateur de référence au Maroc et sur le Continent, Maroc Telecom joue un rôle central dans ces enjeux. Le groupe investit massivement dans les réseaux de nouvelle génération, les infrastructures cloud et les dispositifs de cybersécurité.
Objectif : bâtir un numérique résilient, sécurisé et ancré localement, capable d’accompagner le développement économique africain tout en garantissant la maîtrise des flux de données.
Une coopération Afrique-Europe en construction
Cette rencontre illustre une dynamique plus large de rapprochement entre l’Europe et l’Afrique sur les questions numériques. Les deux continents font face à des défis similaires : protection des données, sécurisation des réseaux et émergence d’alternatives face aux grandes plateformes mondiales.
Pour Mohamed Benchaaboun, l’enjeu est réel : «la souveraineté numérique n’est pas un concept abstrait. Pour Maroc Telecom, c’est une responsabilité concrète, au quotidien. Nous déployons des infrastructures critiques qui connectent des dizaines de millions de personnes au Maroc et en Afrique. Sécuriser ces infrastructures, maîtriser les données qui y transitent, et garantir la résilience de nos réseaux face aux menaces de toute nature : voilà ce que signifie la souveraineté numérique pour nous.» Et d’ajouter : «notre rencontre avec Madame Virkkunen a confirmé que sur ces sujets, l’Union européenne et l’Afrique ont non seulement des intérêts convergents, mais aussi une capacité réelle à construire ensemble des réponses à la hauteur des enjeux.»
Vers des réponses communes aux défis globaux
Au-delà des déclarations, cette prise de contact ouvre la voie à des coopérations plus structurées. Elle témoigne d’une volonté partagée de construire des solutions adaptées aux réalités locales, tout en pesant davantage dans la gouvernance mondiale du numérique.
Dans un monde de plus en plus digitalisé, la souveraineté numérique s’impose ainsi comme un terrain stratégique de partenariat entre l’Afrique et l’Europe.





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