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Africa Risk Reward Index 2022 : L’Afrique au cœur des grands enjeux mondiaux

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L’Africa Risk Reward Index met en exergue l’évolution du paysage de l’investissement dans les principaux marchés africains. Il se propose également de fournir une perspective à long terme des principales tendances qui façonnent l’investissement dans ces pays.

La 7ème édition du Africa Risk-Reward Index à été publiée ce 20 septembre 2022. Cette édition intitulée : «Quand l’incertitude devient une opportunité» est l’œuvre du cabinet Control Risks en partenariat avec Oxford Economics Africa. Elle analyse l’avenir à moyen et long terme du continent sous trois angles que sont, la transition énergétique, la crise alimentaire et les crises socio-politiques qui menacent la stabilité de nombreux pays.

Replacer l’Afrique au centre du jeu énergétique mondial

La guerre russo-ukrainienne et les sanctions européennes à l’encontre de la Russie repositionnent l’Afrique au centre des enjeux énergétiques mondiaux. En effet, les principaux producteurs d’énergies fossiles (pétrole et gaz) font l’objet d’un regain d’intérêt de la part de nombreux pays du bloc occidental. En témoigne, la visite du président français Emmanuel Macron, du 25 au 27 août en Algérie, premier producteur africain de gaz.

Par ailleurs, le continent œuvre également depuis plusieurs années dans la transition vers les énergies renouvelables. Plusieurs pays du continent dont le Maroc, le Kenya et le Rwanda se sont engagés dans des projets colossaux dont l’objectif est de réduire la dépendance aux énergies fossiles. Le projet solaire, Noor de Ouarzazate au Maroc en est l’une des plus belles illustrations. Cependant, le spectre des «éléphants blancs» hante toujours ces pays où des projets ou infrastructures pharaoniques se sont avérés des échecs par le passé : «La transition [énergétique] en Afrique doit se faire graduellement ; de nombreux pays doivent et devront exploiter leurs combustibles fossiles tout en développant activement les énergies renouvelables. Les pays à fort potentiel de GNL, tels que l’Angola, le Mozambique, la Tanzanie et le Nigeria, susciteront l’intérêt soutenu des investisseurs et il sera important de suivre les débats sur la fin du torchage», suggère Patricia Rodrigues, analyste senior chez Control Risks.

La sécurité alimentaire, tendon d’Achille d’un continent en pleine expansion

Le rapport rappelle, à juste titre, la forte dépendance du continent vis-à-vis de l’extérieur notamment dans le domaine agricole. Pourtant, ce secteur stratégique reste le premier pourvoyeur d’emplois sur l’ensemble du continent. En effet, l’agriculture telle que pratiquée sur le continent traîne deux lacunes essentielles selon le rapport. D’une part, elle reste une agriculture de subsistance, car peu ou pas soutenue par une industrie forte. D’autre part, elle souffre en aval d’une chaîne logistique quasi inexistante. Une statistique bien connue de la banque africaine de développement révèle que la moitié des produits agricoles environ est perdue avant consommation ou commercialisation en raison des mauvaises conditions de transport et de conservation : «La dépendance de l’Afrique à l’égard des importations, même des denrées alimentaires les plus basiques, est l’un des problèmes les plus urgents», selon Jacques Nel, responsable d’Africa macro, Oxford Economics Africa.

La Zlecaf ambitionne apporter des solutions pérennes à ces difficultés dont souffre le secteur agricole dans son ensemble. Seulement, plusieurs facteurs, rappelle le rapport, sont de nature à limiter les actions qui pourraient être engagées par la Zlecaf dans ce sens. D’une part, le protectionnisme affiché par nombre d’États du continent et d’autre part le flou qui entoure encore certains protocoles commerciaux de la Zlecaf notamment quant à leur réelle application.

 Les crises socio-politiques : un risque permanent

Le spectre des émeutes contre la vie chère hante plusieurs régimes à travers le continent. En effet, les répercussions de la crise économique liée au conflit russo-ukrainien touchent également de nombreux pays africains. Les agrégats macro-économiques tels que le taux d’inflation et le taux de chômage ont atteint des sommets insoutenables dans de nombreux pays tels que le Ghana, le Nigeria, l’Ouganda ou encore l’Afrique du Sud. À cela, s’ajoute l’instabilité politique qui s’est invitée dans de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest sujets à des coups d’États. Tous ces facteurs suffiraient à nourrir des craintes de renversements de régimes dans de nombreux pays du continent. Cependant, le rapport se veut rassurant, car ses auteurs sont persuadés que quand bien même l’atmosphère ne serait pas à l’accalmie dans ces pays, le risque de «régime change» reste faible dans les pays cités. D’une part, parce que ces régimes reposent malgré tout sur une légitimité et d’autre part, parce que les partis d’opposition y sont peu organisés et inefficaces. Il reconnaît tout de même que les entreprises pourraient faire face à de nombreux risques : «À l’avenir, les entreprises pourraient être affectées directement ou indirectement par les manifestations et doivent établir des plans de gestion des risques, tels que des menaces sécuritaires indirectes, des retards affectant la chaîne d’approvisionnement, le pillage et le vandalisme, ou le devoir de protection à l’égard de leurs employés».

 

 

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