Fin avril 2026, l’Éthiopie franchit une nouvelle étape dans la libéralisation de son économie. La banque centrale a dévoilé un projet de loi visant à ouvrir le secteur des assurances aux investisseurs étrangers, tout en encadrant strictement leur participation.
Porté par la National Bank of Ethiopia, le projet de loi baptisé «Draft Insurance Proclamation» autorise désormais les acteurs étrangers à investir dans le secteur des assurances. Ceux-ci pourront créer des filiales, prendre des participations dans des compagnies locales ou encore établir des bureaux de représentation.
Cette ouverture marque un tournant pour un marché longtemps resté fermé, dans un pays de plus de 120 millions d’habitants en quête de diversification économique.
Des garde-fous pour préserver les intérêts nationaux
Malgré cette libéralisation, les autorités éthiopiennes entendent conserver le contrôle stratégique du secteur. Le texte prévoit ainsi que les investisseurs étrangers stratégiques ne pourront pas détenir plus de 40 % du capital d’un assureur local déjà existant.
De manière plus globale, la participation étrangère totale — incluant les investisseurs indirects — est plafonnée à 49 %. Ces limitations visent à garantir un équilibre entre ouverture aux capitaux internationaux et protection des acteurs nationaux.
Les détenteurs des capitaux devront se conformer aux règles encadrant les investissements directs étrangers, notamment en matière de devises. Le projet prévoit également la possibilité de rapatrier les revenus — dividendes, salaires ou produits de cession — dans le respect de la réglementation en vigueur.
L’Ethiopian Insurance Regulatory Authority disposera par ailleurs de larges prérogatives pour encadrer le secteur : conditions d’octroi de licences, exigences en capital, normes de gouvernance ou encore critères d’aptitude des dirigeants.
Un marché encore sous-exploité
Avec une vingtaine de compagnies d’assurances et un seul réassureur, le secteur reste embryonnaire. Le taux de pénétration plafonne à 0,3 % du PIB, bien en deçà des standards africains et internationaux.
Si les primes ont progressé ces dernières années, le manque de concurrence a freiné l’innovation et limité l’offre, notamment dans des secteurs clés comme l’agriculture, les infrastructures ou la gestion des risques climatiques.
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par le Premier ministre Abiy Ahmed depuis 2018. Après l’ouverture récente du secteur bancaire — autorisant les investisseurs étrangers à détenir jusqu’à 49 % des banques locales — Addis-Abeba poursuit sa stratégie d’attractivité.
D’autres mesures ont été engagées, notamment la libéralisation progressive du taux de change, la création d’une bourse de valeurs, l’assouplissement des restrictions de change dans certaines zones économiques spéciales et l’ouverture du secteur des télécommunications.











