Après le Cameroun et le Bénin, la Banque nationale de Guinée équatoriale (Bange Bank) envisage de s’installer en République centrafricaine (RCA). Une délégation de l’établissement a déjà été reçue à Bangui et une mission technique doit prochainement étudier les conditions de son implantation . Pour Bange, il s’agit de renforcer sa présence dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Pour Bangui, le projet pourrait élargir une offre bancaire encore limitée, à l’heure où plusieurs groupes régionaux s’intéressent au marché centrafricain.
Une arrivée qui se prépare à pas comptés
Mercredi 19 août, le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, a reçu une délégation de Bange Bank conduite par le président de son conseil d’administration, Martin Crisanto Ebe Mba .
Les échanges ont porté sur les conditions réglementaires, institutionnelles et opérationnelles d’une éventuelle implantation de la banque à Bangui. Les deux parties ont insisté sur la nécessité d’inscrire le projet dans le cadre juridique et prudentiel applicable au secteur bancaire de la CEMAC .
L’opération n’en est toutefois qu’à ses débuts. Bange Bank doit encore engager les démarches réglementaires nécessaires avant de pouvoir commencer ses activités. À cette fin, une mission technique de l’établissement est attendue à Bangui. Elle devra rencontrer les administrations concernées et examiner les conditions concrètes d’installation de la banque.
De Malabo à Bangui, une stratégie d’expansion assumée
Le projet centrafricain prolonge une stratégie engagée depuis plusieurs années.
Créée en 2006 en Guinée équatoriale et majoritairement détenue par l’État, Bange Bank cherche à étendre son réseau au-delà de son marché national .
La banque a franchi une étape importante en 2023 avec l’acquisition de 69,87 % du capital de CCEI Bank Bénin. L’établissement béninois, depuis rebaptisé Bange Bank Bénin, lui a permis de faire son entrée dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) .
Bange Bank est également présente au Cameroun, où sa filiale a démarré ses activités en octobre 2021, ainsi qu’en Espagne. Une implantation en RCA lui donnerait donc un troisième point d’ancrage en Afrique centrale, après Malabo et Douala.
Pour l’établissement, Bangui représente à la fois un marché à développer et un moyen de resserrer son réseau dans la CEMAC. La présence d’une banque équato-guinéenne pourrait aussi faciliter les flux financiers et commerciaux entre les deux pays.
Bangui aiguise l’appétit des banques
L’intérêt de Bange Bank pour la RCA s’inscrit dans une évolution plus large du marché bancaire centrafricain. Après des années marquées par un nombre limité d’opérateurs, plusieurs groupes régionaux cherchent désormais à s’y implanter.
En juillet 2026, le groupe burkinabè Coris Bank International a annoncé son intention d’ouvrir une succursale en Centrafrique. Une délégation conduite par Mamadou Sanon, directeur de la zone Afrique du groupe, s’est rendue à Bangui pour préparer ce projet.
Afriland First Bank a déjà franchi le pas. Le groupe bancaire contrôlé par l’homme d’affaires camerounais Paul Fokam Kammogne opère en RCA depuis juin 2026, à travers une succursale dotée d’un capital de 2,15 milliards de FCFA.
À fin 2025, le pays ne comptait que quatre établissements bancaires. Le marché reste donc étroit et concentré. Mais la progression de l’activité commence à retenir l’attention : les crédits bruts à la clientèle ont augmenté de 4,2 % en 2025, pour atteindre 237,3 milliards de FCFA.
Un marché encore dominé par BGFIBank
L’arrivée de nouveaux acteurs ne devrait pas bousculer immédiatement la hiérarchie bancaire centrafricaine. Au premier trimestre 2026, BGFIBank Centrafrique détenait encore 65,72 % des crédits distribués dans le pays, contre 54,84 % un an plus tôt .
La banque gabonaise conserve ainsi une position très nette sur le marché du crédit. Mais l’entrée éventuelle de Bange Bank, combinée aux projets de Coris Bank International et à l’installation d’Afriland First Bank, pourrait progressivement renforcer la concurrence.
Pour les entreprises et les particuliers, cette diversification pourrait faciliter l’accès aux services financiers et élargir les possibilités de financement. Pour Bange Bank, Bangui représente surtout un nouveau terrain de croissance, après les avancées réalisées au Cameroun et au Bénin.





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