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Afrique : ces investisseurs miniers «qui viennent les poches vides et qui repartent milliardaires»

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Alors qu’il était en visite en fin de semaine dernière au Katanga, le président congolais Félix Tshisekedi n’a pas pu s’empêcher de critiquer les compagnies minières qui amassent une fortune sur le dos des pauvres africains. Il a usé de mots forts pour dénoncer une situation ubuesque où de petites compagnies deviennent de plus en plus riches, alors que les populations locales demeurent dans la misère. Il veut lui aussi renégocier les contrats, comme l’avait annoncé Macky Sall.

Dans tous les pays africains, il existe au moins un cas d’entreprise minière étrangère venue avec très peu de moyens, financée par les banques locales et qui quelques années plus tard revend ses investissements à coup de centaines de millions de dollars, alors que le fisc ne verra pas la couleur de son argent.
Au Congo, la montée fulgurante du milliardaire israélien Dan Gertler est un cas d’école, mais ce dernier est loin d’être le seul exemple. En deux décennies, Dan Gertler qui n’avait que 47 ans, est devenu l’un des hommes d’affaires les plus puissants de la RD Congo.
Il a eu la mainmise sur les multinationales minières qui ont eu la chance d’exploiter les extraordinaires réserves de cuivre, de cobalt, d’étain, d’or et de diamants du pays. À l’occasion, il est également devenu un émissaire diplomatique-clé pour Josef Kabila, l’ex-chef d’Etat congolais. Il a agi comme un intermédiaire entre le pays et les multinationales et a également géré des entreprises pour le compte de Kabila.

Au Congo, certaines entreprises n’ont pas besoin d’être proche du chef de l’Etat pour tirer leur épingle du jeu. Les contrats miniers sont tellement à leur avantage qu’il leur suffit d’être en règle pour engranger des milliards de dollars sur le dos du contribuable. C’est ce qui explique le coup de gueule du président congolais qui dit clairement qu’ »il n’est pas normal que ceux avec qui le pays a signé des contrats d’exploitation s’enrichissent pendant que nos populations demeurent pauvres (…) Ils nous ont trop volé ! »

Selon lui, « il est temps que le pays réajuste ses contrats avec les miniers pour sceller des partenariats gagnant-gagnant » J’en ai vraiment assez! Je suis très sévère envers ces investisseurs qui viennent s’enrichir seuls. Ils viennent les poches vides et repartent milliardaires ».
Au Sénégal, le pays a eu droit au Roumain Frank Timis qui a bénéficié de juteux contrats d’exploration pétrolière sans avoir réellement l’expérience dans ce domaine comme l’exige la loi. Mais, sans avoir consenti le moindre investissement, il a néanmoins revendu ses droits dans l’offshore sénégalais à plusieurs centaines de millions de dollars et sans avoir payé le moindre impôt.
Et le pire c’est que ces investisseurs se sentent protégés et n’hésitent pas à intenter des procès contre les Etats africains. Le Sénégal en a déjà fait l’expérience dans l’exploitation du fer de la Falémé et a déjà fait l’objet de condamnation. De même, le Congo vient d’être attaqué en justice par la junior australienne Sundance dans le projet d’exploitation du minerais de fer de Mbalam-Nabeba à la frontière avec le Cameroun.

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