Portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les prix du pétrole s’envolent et contraignent plusieurs pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à revoir leurs tarifs à la hausse. Entre ajustements budgétaires et pression sociale, les États avancent sur une ligne de crête.
Depuis le déclenchement du conflit impliquant les États-Unis et l’Iran fin février, les marchés pétroliers ont connu une forte tension. Les cours du Brent et du WTI ont bondi d’environ 60 %, dépassant régulièrement les 100 dollars le baril.
En cause notamment : les perturbations dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Une situation qui renchérit mécaniquement les coûts d’importation pour les économies africaines dépendantes.
Côte d’Ivoire et Bénin ajustent leurs tarifs
Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire et le Bénin ont annoncé de nouveaux prix applicables dès le 1er mai 2026.
À Abidjan, le super sans-plomb passe de 820 à 875 FCFA le litre, tandis que le pétrole lampant grimpe à 745 FCFA. À Cotonou, la hausse est plus mesurée pour l’essence et le gasoil (+30 FCFA), mais spectaculaire pour le pétrole lampant, qui bondit de plus de 60 % pour atteindre 1040 FCFA.
Ces deux pays rejoignent le Mali et la Guinée-Bissau, qui avaient déjà relevé leurs prix ces dernières semaines.
Des situations contrastées dans la région
Au Mali, les ajustements opérés dès mars ont été significatifs : l’essence a augmenté de 12 % et le gasoil de près de 30 %. Une décision prise dans un contexte de tensions internes, marqué notamment par des difficultés d’approvisionnement.
En Guinée-Bissau, deux hausses successives ont été appliquées depuis le début du conflit, portant les prix de l’essence à près de 900 FCFA le litre. Les autorités invoquent la volatilité des marchés internationaux pour justifier ces révisions.
À l’inverse, plusieurs pays maintiennent pour l’instant leurs tarifs. C’est le cas du Sénégal, où le litre d’essence reste fixé à 920 FCFA, un des niveaux les plus élevés de la zone, ou encore du Togo (680 FCFA) et du Burkina Faso (850 FCFA).
Le Niger affiche même le tarif officiel le plus bas, à 499 FCFA le litre. Mais cette stabilité masque des tensions croissantes, avec des pénuries observées dans certaines villes et un marché parallèle où les prix dépassent les 700 FCFA.
Pouvoir d’achat vs équilibre budgétaire
Face à la hausse des cours internationaux, les États de l’UEMOA doivent arbitrer entre soutien au pouvoir d’achat et soutenabilité des finances publiques. Maintenir des prix artificiellement bas implique des subventions coûteuses, tandis qu’un ajustement rapide expose les populations à une inflation accrue.
Selon la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, l’inflation devrait s’accélérer au printemps 2026, sous l’effet direct du renchérissement des produits pétroliers.






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