Les cours mondiaux du pétrole ont atteint ce jeudi 30 avril un sommet en quatre ans, dépassant les 122 dollars le baril, en raison des craintes que la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran ne s’aggrave et n’entraîne une perturbation prolongée de l’approvisionnement en pétrole au Moyen-Orient, ce qui pourrait nuire à la croissance économique. Le baril s’est embrasé après que le média américain Axios a rapporté mercredi soir que le président Donald Trump devait recevoir jeudi un briefing sur les plans d’une série de frappes militaires contre l’Iran dans l’espoir que ce pays reprenne les négociations sur son programme nucléaire.
A l’ouverture ce jeudi (8h20 GMT), le prix du Brent, référence mondiale du marché pétrolier, a progressé de 3,73 dollars, à 121,76 dollars le baril, après avoir atteint un plus haut en séance à 126,41 dollars, son plus haut niveau depuis le 9 mars 2022.
Le prix du pétrole brut Brent (le pétrole de la mer du Nord) a doublé depuis le début de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février dernier tandis que le prix du pétrole brut de référence américain West Texas Intermediate (WTI) s’est envolé de 90 % en raison de la fermeture effective du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
La hausse des prix du pétrole risque d’entraîner une nouvelle flambée de l’inflation mondiale et une augmentation des prix à la pompe partout, une bien mauvaise nouvelle pour la Maison Blanche avant les élections de mi-mandat prévues en novembre prochain.
Les perturbations du marché s’inscrivent dans la durée
Les pourparlers visant à résoudre le conflit, qui a provoqué ce que l’Agence internationale de l’Energie qualifie de « plus grande perturbation pétrolière jamais enregistrée au monde », sont au point mort. Les Etats-Unis insistent pour discuter du programme d’armement nucléaire de l’Iran tandis que l’Iran exige un certain contrôle sur le détroit d’Ormuz et des réparations pour les dommages causés par la guerre.
«Les perspectives d’une résolution à court terme du conflit iranien ou d’une réouverture du détroit d’Ormuz restent sombres», tranche Tony Sycamore, analyste de marché chez IG, cité par l’agence Reuters.
La Maison Blanche et les compagnies pétrolières américaines discutent d’un possible blocus prolongé, signe que le conflit et les perturbations de l’approvisionnement actuelles s’inscrivent dans la durée. Trump s’est entretenu mercredi avec des compagnies pétrolières sur la manière d’ atténuer l’impact d’un éventuel blocus américain de plusieurs mois, a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche.
A court terme, les acteurs du marché restent concentrés sur la dynamique du conflit américano-iranien et sur le risque d’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz.
Ce facteur l’emporte sur les conséquences à long terme du déclin potentiel de l’influence de l’OPEP+ suite au retrait des Emirats arabes unis du cartel pétrolier.
Abu Dahbi unis a annoncé en début de semaine leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) après près de 60 ans d’adhésion. Ce départ compliquera les efforts de l’OPEP+ – un groupe plus large comprenant l’OPEP, la Russie et d’autres alliés – pour équilibrer le marché par des ajustements de l’offre, car le groupe contrôlera une part limitée de la production mondiale. Les analystes des marchés pétroliers estiment désormais que la chute de la demande de pétrole due aux prix élevés est le facteur le plus susceptible de réguler et d’atténuer les tensions actuelles sur l’approvisionnement du brut.











