Selon un rapport de l’ONU Commerce et Développement, les investissements directs étrangers sur le continent africain enregistrent un recul majeur, avec des effets plus marqués en Afrique du Nord et des perspectives encore incertaines pour le reste de l’année.
Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) à destination de l’Afrique ont plongé de 42 % au premier semestre 2025, pour s’établir à 28 milliards de dollars, révèle le rapport Global Investment Trends Monitor publié le 31 octobre par l’ONU Commerce et Développement.
Cette contraction est particulièrement prononcée en Afrique du Nord, où les IDE ont chuté à 11 milliards de dollars, contre 27 milliards à la même période en 2024, année marquée par le mégaprojet de Ras El-Hekma en Égypte, financé par Abu Dhabi Developmental Holding Company.
En Afrique subsaharienne, la baisse est plus modérée mais significative, avec 17 milliards de dollars, soit un recul de 23 % sur un an.
Un contraste avec le reste des économies en développement
À l’échelle mondiale, les IDE ont reculé de 3 %, à 737 milliards de dollars, sous l’effet de tensions commerciales, de taux d’intérêt élevés et d’incertitudes géopolitiques. Les économies en développement, elles, affichent globalement une stabilité des flux, avec des hausses notables en Amérique latine et dans les Caraïbes (+12 %) et en Asie (+7 %).
La contraction des IDE africains s’inscrit donc à contre-courant de cette tendance, illustrant la vulnérabilité du continent face aux facteurs externes et aux projets exceptionnels ponctuels qui avaient dopé les chiffres en 2024.
Les secteurs stratégiques touchés
Le rapport souligne que l’industrie et les infrastructures ont souffert de l’augmentation des coûts d’emprunt et des incertitudes économiques. Les projets greenfield dans ces secteurs ont reculé de 17 % en nombre, avec un recul marqué de 29 % dans le manufacturier (textile, électronique, automobile). Le financement de projets internationaux a également diminué, avec une baisse de 11 % du nombre de transactions et de 8 % de leur valeur.
Les IDE orientés vers les Objectifs de développement durable ont chuté de 10 % en nombre et de 7 % en valeur, notamment dans les infrastructures, l’eau et l’assainissement, alors que l’agroalimentaire reste stable et la santé progresse de 37 %.
Des perspectives incertaines
L’ONU Commerce et Développement prévoit un climat d’investissement difficile jusqu’à la fin de 2025. Les tensions géopolitiques, conflits régionaux et fragmentation économique continueront de peser sur les flux. Cependant, l’assouplissement des conditions financières, la reprise des fusions-acquisitions et la hausse des dépenses des fonds souverains pourraient soutenir une légère reprise au second semestre.











