Selon l’édition 2021 du rapport sur l’état de la justice fiscale dans le monde, publié le 16 novembre, par le consortium constitué de Tax Justice Network, Public Service International et Global Alliance for Tax Justice, les pertes d’impôts du fait de l’évitement fiscal par les contribuables disposant de hauts revenus et l’évasion fiscale des multinationales ont fait perdre à l’Afrique un montant estimé à 17,1 milliards de dollars de recettes.
C’est une baisse de 8,3 milliards de dollars par rapport aux estimations de 2020 qui indiquaient que le continent perdait jusqu’à 25,4 milliards de dollars de recettes fiscales. La plus forte baisse est relevée au Nigeria où les estimations de pertes de rentrées d’impôt reculent de 8,8 milliards de dollars pour se situer à 2 milliards. L’Afrique du Sud devient la première victime de la fraude fiscale internationale sur le continent avec des pertes de recettes estimées à 3,5 milliards de dollars.
Les autres pays où la situation s’est améliorée sont l’Angola et l’Egypte où les estimations de pertes fiscales se sont contractées respectivement de 1,8 milliard et de 1,3 milliard de dollars. L’étude de Tax Justice Network ne livre pas d’explications sur les causes exactes de ce repli.
Si dans certains pays africains, les pertes fiscales ont été contenues, dans d’autres, notamment ceux situés en Afrique centrale, le tableau s’est plutôt assombri. Ainsi, le Tchad est le pays où l’évasion fiscale aurait le plus progressé dans la région, avec une hausse de pertes estimées à 1,6 milliard de dollars. Le Congo-Brazzaville (+460 millions de dollars), le Cameroun (+175,3 millions de dollars) et le Gabon (+93,6 millions de dollars) sont les trois autres pays de la CEMAC où l’évasion fiscale continue de gagner du terrain.
Pour les experts du réseau sur la justice fiscale, ces pertes en recettes fiscales sont de trop, pour une région qui clairement ne parvient pas à faire vacciner sa population face à la pandémie de Covid-19, et qui fait face à une aide jugée «hypocrite» des pays riches.
Pour certains pays considérés comme les plus pauvres de la région, les conséquences sont sérieuses. C’est le cas du Tchad, dont les estimations de pertes fiscales représentent 17,1% de son produit intérieur brut, et jusqu’à 1800% de son budget de santé publique. Au total, le pays a perdu près de 2 milliards de dollars de recettes d’impôts. Les Seychelles perdent 11% de leur PIB, et cela représente 310,8% du budget alloué à la santé.
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)










