Réunis en session ordinaire à Bamako, les gouverneurs de la Banque confédérale d’investissement et de développement de l’Alliance des États du Sahel (BCID-AES) ont posé, le 8 juin 2026, les jalons opérationnels de leur bras financier. Entre validation budgétaire, politique de recrutement et stratégies de levée de fonds, la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AES) s’arme pour transformer en profondeur l’économie de la région.
Une gouvernance renforcée pour un décollage imminent
Le paysage financier ouest-africain s’apprête à accueillir un nouvel acteur de poids. Le Conseil d’administration des gouverneurs de la Banque confédérale d’investissement et de développement de l’Alliance des États du Sahel (BCID-AES) s’est réuni pour sa deuxième session ordinaire. Cette rencontre de haut niveau a rassemblé un aéropage stratégique composé de ministres de l’Économie et des Finances ainsi que des diplomates du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Sous la direction d’Alousseni Sanou, ministre d’État et chef du portefeuille de l’Économie et des Finances du Mali, les discussions ont principalement porté sur les mécanismes concrets permettant de rendre l’institution pleinement fonctionnelle dans les plus brefs délais. Face aux défis sécuritaires et de développement de la sous-région, l’urgence est de transformer les textes fondateurs en leviers d’action concrets.
Le nerf de la guerre : mobilisation des capitaux et attractivité RH
Pour s’imposer sur l’échiquier financier international, la BCID-AES doit d’abord prouver sa solidité et sa crédibilité. C’est pourquoi l’architecture du dispositif de mobilisation et d’appel du capital a constitué le gros des débats. Ce capital initial représente la fondation sur laquelle reposera la capacité d’emprunt et d’intervention de la banque auprès des partenaires et des marchés.
Parallèlement à la quête de ressources financières, la question du capital humain a été jugée cruciale. Les gouverneurs ont examiné la future politique de rémunération du personnel. Il s’agit d’un double objectif qui consiste à attirer les meilleurs experts et cadres de la diaspora et de la région, tout en garantissant une gestion budgétaire rigoureuse et transparente, loin des dérives bureaucratiques traditionnelles. «Notre responsabilité collective est de faire de la BCID-AES une institution financière de référence, fondée sur les principes de bonne gouvernance, de rigueur dans la gestion et d’efficacité dans l’action», a martelé, le président du conseil des gouverneurs, Alousseni Sanou lors de son allocution d’ouverture.
Financer le développement par et pour le Sahel
Au-delà des aspects purement administratifs, cette session a permis de valider le plan d’action prioritaire d’opérationnalisation. Contrairement aux institutions d’aide au développement classiques, la BCID-AES se positionne comme le fer de lance d’un développement endogène. Elle aura pour mission principale de financer des infrastructures lourdes et structurantes – réseaux énergétiques, transports, souveraineté alimentaire – indispensables à la métamorphose économique des trois pays de la Confédération.
En réaffirmant leur solidarité, les États membres de l’AES affichent clairement leur volonté de bâtir un alternatif modèle d’intégration économique autonome, capable de répondre directement aux aspirations des populations sahéliennes.





Burkina Faso
Mali
Niger





