L’économie de l’Afrique subsaharienne continue de faire preuve de résilience malgré une conjoncture marquée par les tensions géopolitiques, les chocs climatiques, le recul de l’aide au développement et les pressions budgétaires, selon le rapport économique semestriel du Groupe de la Banque mondiale consacré à l’Afrique publié mardi 6 octobre.
La croissance régionale devrait progresser de 4,1 % en 2025 à 4,3 % en 2026, soit 0,3 point de pourcentage au-dessus des prévisions établies au printemps.
Cette dynamique est portée par une stabilité macroéconomique renforcée, une demande intérieure plus soutenue, ainsi que par les investissements liés à la transition énergétique mondiale et aux technologies numériques.
Toutefois, le conflit au Moyen-Orient, le climat d’incertitude entourant les politiques commerciales, le durcissement des conditions financières, les catastrophes naturelles, les épidémies et l’insécurité continuent de peser sur l’activité économique dans plusieurs pays.
La croissance reste par ailleurs insuffisante pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté ou créer les emplois indispensables face à une main-d’œuvre en plein essor.
L’inflation repart à la hausse
Selon la Banque mondiale, le taux d’inflation médian en Afrique subsaharienne connaîtrait une surchauffe en passant de 3,7 % en 2025 à 5,5 % en 2026.
En cause, la hausse des prix mondiaux des carburants, des engrais et des denrées alimentaires viendrait annuler une partie des progrès enregistrés récemment sur le front des prix à la consommation.
L’endettement public s’est globalement stabilisé autour de 57 % du PIB, mais le poids élevé du service de la dette continue de broyer les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et aux infrastructures.
Dans un contexte de recul de l’aide au développement, les pays de l’Afrique sub-saharienne font face à une pression croissante pour renforcer la mobilisation des ressources intérieures, approfondir les marchés de capitaux locaux et obtenir des financements plus durables.
La menace des tensions géopolitiques
Une aggravation des tensions géopolitiques pourrait entraîner de nouvelles hausses des prix des produits de base, accentuer l’inflation et détériorer les soldes extérieurs et budgétaires.
Les chocs climatiques, notamment les effets d’un éventuel épisode El Niño, pourraient perturber la production agricole et aggraver l’insécurité alimentaire, tandis qu’un durcissement des conditions de financement réduirait davantage les marges de manœuvre budgétaires.
Dans son rapport, la Banque mondiale consacre un focus sur la manière dont l’intelligence artificielle peut accroître la productivité, améliorer les services et créer des emplois.
La plupart des pays en sont encore aux premiers stades de l’adoption de l’IA, l’activité étant concentrée dans un petit nombre d’économies, notamment le Kenya, le Nigéria et l’Afrique du Sud.
La plus grande opportunité pour la région réside dans les petites applications d’IA abordables et adaptées localement, c’est-à-dire des outils à faible bande passante pour l’éducation, l’agriculture, la santé, la finance, la logistique et l’administration publique, plutôt que des systèmes d’IA de pointe.
Au-delà de la disponibilité de données de qualité et d’infrastructures de calcul, la concrétisation des bénéfices de l’IA nécessitera également des investissements dans un approvisionnement électrique fiable, une connectivité abordable et des compétences numériques, conjugués à une gouvernance efficace.
Des institutions solides, des capacités techniques, une mise en œuvre effective et une coopération régionale — notamment dans le cadre de la Stratégie continentale sur l’IA de l’Union africaine et de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) — peuvent contribuer à déployer à grande échelle des solutions basées sur l’IA et à favoriser ainsi la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité.











