Tous les articles qui parlent de Détroit d’Ormuz

Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.

La situation n’est pas simple et les revirements permanents des acteurs interdisent de faire des prévisions quant à la sortie de crise. La complexité est d’autant plus importante pour le transport aérien que ce conflit vient se rajouter à la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui est entrée dans sa cinquième année. On n’en finit pas. Il est tout de même curieux que les belligérants aient autant de peine à se mettre autour d’une table pour trouver un accord puisqu’à la sortie, ils seront bien obligés de le faire. Les conséquences pour les compagnies aériennes ne sont pas anodines.  

Ce conflit constitue un choc supplémentaire pour une région déjà confrontée à une faible croissance de la productivité, à un dynamisme limité du secteur privé et à des défis persistants sur le marché du travail.

Le récent conflit au Moyen-Orient a entraîné des répercussions économiques graves et immédiates sur les pays de la région environnante. La fermeture du détroit d’Ormuz et la destruction d’infrastructures énergétiques et publiques ont fortement perturbé les marchés, accru la volatilité financière et affaibli les perspectives de croissance pour 2026, selon la dernière édition du Bulletin économique de la Région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP) publiée par le Groupe de la Banque mondiale.

La baisse de l’offre du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz met sous pression tous les gouvernements qui cherchent la parade pour atténuer l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

Interpellée ce jeudi 2 avril, la ministre de l’Energie, Leila Benali, a tenu à rassurer les élus de la Nation sur le stock stratégique des produits énergétiques du pays. «Le Maroc dispose de suffisamment de diesel et d'essence pour couvrir respectivement 51 et 55 jours, tandis que les approvisionnements en charbon et en gaz sont assurés jusqu'à la fin juin,» a-t-elle révélé.

Les événements actuels dans le Golfe nous rappellent la crise de Suez de 1956, suite à la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Jamal Abdel Nasser ; cette comparaison est pertinente à plusieurs niveaux, au-delà des simples similitudes opérationnelles et des enjeux géoéconomiques du canal de Suez et du détroit d'Ormuz, des passages stratégiques pour les flottes et le commerce international.

La fermeture du détroit d'Ormuz, à la suite du conflit débuté le 28 février, a déclenché une cascade systémique mondiale qui a touché non seulement les États mais aussi la vie quotidienne des ménages, notamment à la suite de la flambée des prix du carburant, des coupures de courant dans certains pays d'Asie du Sud et du début de la paralysie de certaines chaînes d'approvisionnement (due à des pénuries de minéraux critiques et d'intrants exportés par les pays du CCG – l'hélium,  gazole, phosphate, aluminium)