Tous les articles qui parlent de Détroit d’Ormuz

En juin 2026, une fenêtre de paix s'est ouverte lorsque les États-Unis et l'Iran sont parvenus à un accord historique à Genève sous forme d'une feuille de route pour instaurer la paix et réouvrir le détroit ; l'accord prévoit une levée progressive des sanctions en échange d'une surveillance des installations nucléaires iraniennes par l'AIEA.

Depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran en février 2026, le détroit d'Ormuz s'est transformé d'une artère économique mondiale en un champ de bataille navale tendu. La guerre d'Hormuz ne s'est pas terminée et entre dans une nouvelle phase de guerre d'usure hybride, jusqu'à l'épuisement ou le changement politique interne d'un des principaux belligérants.

Tout comme les déboires de l’intégration économique arabe, cette inefficience s’explique en grande partie par le souverainisme, les divergences idéologiques et les rivalités de puissance, accentuées par l’exigence d’unanimité qui régit les décisions de la Ligue arabe et de l’OCI. Tout État membre peut opposer son veto à toute action, rendant l’organisation virtuellement impuissante face aux conflits inter-coalitions qui dominent la politique arabe.

Le Moyen-Orient porte le poids d'une longue histoire d'échecs des pactes de défense collective. Comme le souligne Florence Gaub, la Ligue arabe n'est intervenue que dans un quart des conflits interarabes, avec un taux de succès de 20 %. Seules trois crises dans l'histoire de l'organisation ont déclenché une action de sécurité collective : la guerre civile au Yémen (1962-1967), où l'intervention n'a eu lieu qu'après le retrait volontaire des troupes égyptiennes ; l'intervention contre les menaces irakiennes contre le Koweït en 1961 ; et la crise de 1990, lorsque Saddam Hussein a ordonné l'invasion du Koweït. Ces trois cas montrent que la sécurité collective arabe ne fonctionne que lorsque le consensus normatif s'aligne avec les intérêts des États les plus puissants.

« L'ennemi a concentré tous ses efforts sur l'ouverture du détroit d'Ormuz (…) et maintenant ce détroit est en réalité pour nous un théâtre de guerre et plus seulement une voie maritime », a martelé le corps des Gardiens, puissante armée iranienne. « Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions. » Loin derrière le nucléaire et les missiles iraniens mis en avant fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial des hydrocarbures est désormais la priorité numéro un de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les négociations avançaient bien et que le déblocage était imminent.

Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre sur le statut de cette voie maritime et entend imposer à terme des frais de service, ce contre quoi les États-Unis s'opposent fermement. Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas « toutes » les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche 9 août les Gardiens de la révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.