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Agribusiness : Le Burundi diversifie ses cultures d’exportation

En plus du thé noir, l’Office du thé du Burundi (OTB) élargit sa gamme de production en introduisant le thé vert. Ce qui constitue une grande innovation dans ce secteur theicole récemment ouvert aux privés.

C’est après plus d’une cinquantaine d’années, depuis l’existence de l’OTB, que le Burundi élargit sa gamme de production du thé, se réjouit Jacques Bigirimana, Directeur général de cet Office.

Jacques Bigirimana, directeur général de l’OTB

Jacques Bigirimana, directeur général de l’OTB

Approché par AFRIMAG, il signale que jusqu’en 2018, le Burundi produisait et commercialisait uniquement du thé noir qui génère plus de 20% des recettes en devises. La première usine de production de thé vert a été installée à Buhoro, dans la province de Cibitoke, à 80 km de Bujumbura, la capitale économique, Ouest du pays. “Le Burundi veut pallier la mévente du thé noir et mise surtout sur cette variété de thé, car elle est très prisée sur le marché, notamment pour ses vertus médicinales”, explique M. Bigirimana, ajoutant qu’il s’agit d’une véritable innovation. D’après lui, l’OTB, l’unique structure publique de production, de commercialisation et d’exportation du thé, doit s’adapter au marché mondial du thé pour survivre. “Avec l’introduction du thé vert, nous allons diversifier l’offre et, par conséquent, la clientèle.”

Revenant sur les nouveaux marchés, Jacques Bigirimana, le Directeur général de l’OTB, indique que le thé vert est notamment fort apprécié en Asie. Et de préciser que cette culture est consommée depuis des siècles en Chine et au Japon, et ce, presque exclusivement pour ses propriétés médicinales.

Au Burundi, depuis quelques années, la production du thé a augmenté, passant de 8 648 tonnes en 2012 à 10 873 en 2016.

Pour l’année 2017, la production du thé en feuilles vertes a atteint plus 53 188 tonnes et celle du thé sec tournait autour de 11 211 tonnes. Un des résultats des recommandations, entre autres, du Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) qui prônent la libéralisation des filières agricoles au Burundi dont la filière thé. Ainsi, des entreprises privées ont vu naitre dans ce secteur des unités telles que  Prothem (Promotion du thé à Mwaro) opérationnelle depuis 2002 avec une production moyenne de quatre tonnes de thé sec par an. Plus de 90% de la production, qu’il soit produit par la société privée ou par l’OTB, est vendue aux enchères à Mombassa au Kenya. Selon Jacques Bigirimana, Directeur général de l’OTB, les enchères de Mombassa sont réalisées auprès de quelques clients européens. Le reste de la production du thé au Burundi est  écoulé sur le marché local.

 

Le thé, la plante influente dans les exportations

Les premiers essais d’introduction du thé (camélia sinensis) au Burundi datent de 1930 à la station agronomique de Kisozi (actuellement Gisozi, province Mwaro, au centre du pays) en pleine administration coloniale belge. Mais le contexte de crise économique et de guerres mondiales est parmi les facteurs qui n’ont pas facilité l’affaire. Le thé reviendra à la fin des années 50, sous le financement de la Commission européenne. Et ce, avec l’objectif de diversifier l’économie nationale et améliorer les revenus monétaires des paysans. A cette époque, cette culture sera pratiquée dans les domaines étatiques (22,1%) et dans les petites exploitations familiales (77,9%). Elle devient la deuxième culture d’exportation par ses recettes (autour de 25%) après le café (60%). Le thé est cultivé exclusivement dans les hautes altitudes qui constituent plus ou moins le 1/4 du territoire national et est pratiqué par plus de 60 000 ménages. L’OTB encadre à elle seule quelque 10 000 ha de plantations théicoles étatiques et paysannes, reparties en cinq régions théicoles (du Nord au Sud) Buhoro, Rwegura, Teza, Ijenda et Tora. Cette entreprise achète les feuilles vertes aux théiculteurs, assure l’usinage du thé noir et oriente le produit fini vers les différents marchés internationaux.

A partir des années 2000, on constate la montée du thé dans les recettes d’exportation. Selon les données de la Banque de la République du Burundi (BRB), cette situation est expliquée par les performances enregistrées dans le secteur comme l’accroissement du rendement des exploitations, celui des usines, le marché rassurant, etc.

A titre d’exemple, la BRB montre que  de 2007 à 2011, le rendement à l’hectare est passé de 4 428 tonnes de feuilles à 5 371 tonnes. Le volume des recettes theicoles sont en accroissement constant : en 2009, elles n’étaient que 16,17 millions de dollars US; puis 18,78 millions en 2010 ; 21 millions en 2014 pour atteindre 32 millions de dollars en 2015. Une montée ascendante qui continue selon Jacques Bigirimana, Directeur général de l’OTB.

La libéralisation de cette filière a créé un esprit de compétitivité. Alors qu’une loi sur la libéralisation de la filière thé est signée en 2007, une nouvelle entreprise privée Promotion du thé à Mwaro (Prothem) a commencé ses activités en 2011. Elle a entraîné la concurrence et la majoration du prix payé aux exploitants. D’autres privées sont à l’étape d’installation de leurs propres nouvelles plantations pour s’y lancer dans ce secteur promoteur de l’économie nationale.

agribusiness Jacques Bigirimana

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