Afreximbank a réuni, mercredi 9 septembre 2026 à Luanda, institutions publiques, banques et entreprises angolaises autour d’un même objectif : transformer le contenu local du secteur pétrolier et gazier en véritable prise de contrôle capitalistique. La Banque africaine d’import-export, qui dit avoir investi près de 2 milliards de dollars dans les hydrocarbures angolais, entend désormais aider les entreprises nationales à passer de la prestation de services à la propriété et à l’exploitation d’actifs.
Le forum, organisé au Centro de Convenções de Talatona, a aussi servi de vitrine à un portefeuille de projets représentant plusieurs milliards de dollars de besoins de financement.
De la participation à la propriété
« L’Angola a bâti une plateforme solide pour son secteur énergétique. La prochaine étape consiste à permettre à un plus grand nombre d’entreprises angolaises de passer de la participation et de la prestation de services à la maîtrise de la propriété, à la gestion opérationnelle et au changement d’échelle », a déclaré Haytham Elmaayergi, vice-président exécutif de la Global Trade Bank d’Afreximbank. Une ambition partagée par Berta Rodrigues Issa, présidente de l’Association des entreprises nationales du secteur pétrolier en Angola (ASSEA), pour qui le contenu local ne saurait se limiter à des contrats ponctuels : « un pays ne s’industrialise pas simplement en exportant davantage qu’il n’importe. Il s’industrialise lorsqu’il transforme ses ressources et fait émerger des entreprises capables de se mesurer à la concurrence au-delà de ses frontières. »
Les participants ont longuement évoqué les freins concrets qui bloquent cette montée en gamme : accès à des financements adaptés, bancabilité des dossiers, capacités d’exécution et accès aux marchés. Pour montrer que le passage à l’échelle est possible, le forum s’est appuyé sur l’exemple nigérian. Oando a racheté la Nigerian Agip Oil Company pour 783 millions de dollars, portant sa participation dans les licences OML 60 à 63 de 20 % à 40 %, tandis qu’Heirs Energies a acquis 45 % de l’OML 17 et en a repris l’exploitation. Deux opérations présentées comme des modèles pour les champions angolais en devenir.
Près de 5,2 milliards de dollars de projets à financer
Au-delà des discours, le forum a mis sur la table un portefeuille conséquent d’opportunités : 2,5 milliards de dollars de besoins de financement pour Lobito Oil, 1 milliard pour la compagnie nationale Sonangol, 1,4 milliard pour le projet d’engrais Amufert et 280 millions pour Itracom. Soit un total de l’ordre de 5,2 milliards de dollars.
Reste la question du bouclage financier. Les discussions ont porté sur la manière dont institutions publiques, banques locales, opérateurs et investisseurs pourraient structurer ces transactions, un terrain où Afreximbank compte bien mettre à profit ses capacités de financement et de conseil. Pour l’Angola, deuxième producteur de brut du continent, l’enjeu dépasse la seule question énergétique : il s’agit de retenir sur place une part plus grande de la valeur créée avec l’exportation de son pétrole.





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