C’est une nouvelle manifestation de la radicalité de la junte au pouvoir à Bamako. Dans un communiqué lu dimanche à la télévision nationale, les autorités maliennes annoncent que le pays se retire du G5 Sahel, une alliance de cinq pays de la région dans la lutte contre le terrorisme.
« Le gouvernement de la République du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la force conjointe. Cette décision sera notifiée aux États membres de l’organisation conformément à la procédure prévue en la matière », indique le communiqué.
La conférence des chefs d’États du G5 Sahel prévue en février dernier à Bamako devait « consacrer le début de la présidence malienne du G5 » mais « près d’un trimestre après le terme indiqué » cette réunion « ne s’est toujours pas tenue », dit ce communiqué. La junte avait fixé la date-butoir du 15 mai pour réagir.
Cette conférence aurait dû marquer le passage de témoin entre le Tchad et le Mali, mais entre la précédente, en février 2021 à Ndjamena, et celle-ci, le Mali a connu un second putsch, en mai 2021, avec la mise à l’écart des autorités civiles de transition, qui a tendu les relations de voisinage. Au point, selon Bamako, que ses partenaires l’empêcheraient de diriger l’organisation.
Selon le communiqué lu à la télévision malienne, Bamako « rejette fermement l’argument d’un État membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s’opposer à l’exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel », mais ne cite pas l’État en question. Pour les observateurs, il s’agit du Niger dont les relations avec la junte malienne se sont gravement dégradées.
Paris est aussi critiquée sans être nommée : « l’opposition à la présidence du Mali est liée aux manœuvres d’un État extra-régional visant désespéramment à isoler le Mali », écrit le gouvernement de transition.
Pour de nombreux analystes dans la région, cette décision isole davantage le Mali de ses partenaires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.
Il y a quelques jours, la junte malienne avait dénoncé les accords de défense signés avec la France et ses partenaires européens alors que la force française Barkhane et la force européenne Takuba se désengagent du Mali.





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