Il n’y a pas que les banques françaises qui se désengagent du continent. Le management du groupe britannique Standard Chartered a annoncé avant-hier 13 janvier à la City, étudier un schéma de cession de la totalité de ses activités au Botswana. Cette opération concerne tous les métiers de banques, notamment les filiales locales de banque de détail, de la banque de financement et d’investissement, ainsi que l’activité de gestion de patrimoine.
Le groupe indique que le processus de vente est conditionné à l’obtention des autorisations réglementaires prévues dans ce type de transactions, et qu’il faudra entre 12 et 15 mois pour finaliser la transaction.
Au départ, Standard Chartered ne prévoyait pas de céder l’intégralité de ses filiales botswanaises. Il y a près d’un an, en novembre 2024, la banque britannique avait annoncé qu’il étudiait uniquement la cession de ses filiales de gestion de patrimoine et de la banque de détail pour se concentrer sur la banque de financement et d’investissement. Mais au terme des échanges qu’elle a eus avec des acheteurs potentiels, la direction a dû changer de braquet. La plupart des repreneurs approchés ont signifié à la banque qu’ils ne s’engageraient que si l’offre portait sur la totalité des activités. Le motif mis en avant est que la taille combinée de la banque permettrait de mieux utiliser les ressources, de mieux financer les opérations et d’élargir la base de clients. La cession de tout le bloc des métiers augmente la valorisation du fait des synergies potentielles escomptées par le repreneur.
L’Afrique reste une zone centrale du réseau mondial de Standard Chartered
Un retrait complet du Botswana marquerait une nouvelle étape dans le recentrage stratégique de Standard Chartered en Afrique. Mpho Masupe, directeur général du groupe au Botswana, cité par notre confrère Sika Finance, indique que « la banque est prête pour cette transition.»Pour lui, l’organisation actuelle peut continuer à fonctionner sous un autre propriétaire. Il a aussi précisé que la taille des activités est adaptée au marché local, ce qui peut faciliter leur poursuite après leur cession.
Même si le groupe bancaire britannique prépare son départ du Botswana, ses responsables insistent sur le fait que le continent africain reste une zone centrale de son réseau mondial. Avant ce retrait annoncé du Botswana, il avait réduit sa présence dans plusieurs pays africains. Il s’est ainsi retiré ou a réduit drastiquement ses activités au Zimbabwe, en Angola, au Cameroun, en Gambie, en Sierra Leone, en Zambie et en Tanzanie.
Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie qui vise à concentrer les ressources sur certains marchés et certaines activités plus rentables, notamment en Asie et au Moyen-Orient. La hausse du coût de conformité est l’autre explication qui a poussé des banques internationales à se retirer du continent.





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