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Burkina Faso : Des élections entre défis sécuritaires et couacs organisationnels

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6,5 millions comme corps électoral, 126 partis ou formations politiques, 13 postulants pour Kosyam, 5 186 candidats à la députation, 21 155 bureaux de vote, voilà un peu pour les chiffres de ce double scrutin burkinabè du 22 novembre 2020. 

 

En temps de paix, l’organisation d’un scrutin s’avère fastidieux, a fortiori, en temps de guerre, car le Burkina Faso est en guerre contre le terrorisme.

Le 1er défi de la présidentielle et des législatives était d’abord sécuritaire. Comment conjurer la menace terroriste avant et surtout hier de 6 heures à 18 heures ? Comment atténuer cette peur ontologique qui étreignait bon nombre de votants ?

Hier sur ce plan, l’objectif a été plus ou moins atteint. Défi sécuritaire relevé ! Mais que de couacs logistiques ! De mémoire d’électeurs burkinabè, un scrutin a connu autant de désagréments relatifs aux matériels et outils de vote.

En effet, sauf erreur et omission, jamais jusqu’à la fermeture, des bureaux de vote n’ont pas été ouverts comme ce fut le cas hier dans plusieurs localités telles que dans des villages du Sourou. Quid des procès-verbaux et spécimens de bulletins de vote, introuvables dans des bureaux de vote ? Comment expliquer que des bulletins de vote du Soum se retrouvent-ils à Pama, dans l’Est du pays ? Et ces votants qui ne retrouvent point leurs noms sur les listes électorales, tels le maire central de Bobo, la capitale économique, Birahima Sanou qui n’a pu voter !

On peut même expliquer ces faits dans les zones rouges, non sécurisées, mais les mêmes manquements ont été constatés à Ouagadougou ! ça, ce sont des dysfonctionnements qui incombent à la CENI, qui, malgré le déploiement des hélico et plusieurs autres diligences, n’a pas pu pallier à ces préjudices électoraux.

A côté de ces fautes intuitu personae, auxquelles n’échappe pas l’Administration électorale, il y a les petits froissements sécuritaires indépendants de la CENI notamment la peur bleue de ces membres de bureau de Tangaye, au Nord du Burkina, qui ont carrément refusé de rejoindre leur bureau de vote, car leur intégrité physique n’était pas assurée.

Vote et menaces terroristes 

A l’Est, dans la Tapoa, des bureaux de vote ont été fermés, sous la menace des fusils de terroristes qui ont même affirmé que tout doigt imbibé d’encre indélébile, signe que l’intéressé a voté, verra ce doigt coupé !

Deux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont été égorgés à Koumbri (Yatenga).

Et puis il y a cette hantise, inhérente à ces velléités de fraude (des gens qui auraient voté la veille, ou des bulletins rachetés) qui ne rassurent pas. Cette accusation brandie par l’opposition, notamment Zéphirin Diabré, a été démentie du tic au tac par Simon Compaoré président du MPP, de même que le président de la CENI, Newton Ahmed Barry, dit ne pas avoir été saisi d’une quelconque fraude !

Vote rasséréné, mais que donc de distorsions et dévoiements logistiques. La crainte d’un attentat, d’une attaque a été écartée, exception faite la veille, de la mort d’un Américain tué au camp Baba Sy à la lisière de Ouagadougou.

Le dépouillement et la canalisation des résultats restent le second défi de la CENI. Car pour certains, en criant déjà aux fraudes, n’est-ce pas une façon de préparer les esprits à des contestations ou pire à une crise post-électorale ? Mais, il reste aussi le constat des 10 600 observateurs de la CEDEAO, CEN-SAD, WANEP et de la CODEL.

Du reste, les protagonistes ont signé un pacte de bonne conduite, qui engage chacun au fair-play. Et puis on espère que si contestations post-électorales, il y a, le Parquet a déjà anticipé en ouvrant une permanence pour les flagrants délits.

Chacun est invité à la légalité, au box, plutôt qu’à la boxe, si jamais il y a des recours.

Désormais, le Burkina est suspendu aux échos de la salle de conférence de Ouaga 2000, QG de la CENI où seront diffusés les résultats de ce double vote. 

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