Pour faire fuir les investisseurs, la junte de Ouagadougou ne pouvait pas s’y prendre autrement. Le ministère des Mines a pris un arrêté ordonnant la réquisition de 200 kg d’or produits à la mine d’or Mana, propriété du groupe canadien Endeavour Mining, à travers sa filiale locale Semafo.
Dans un communiqué publié hier mercredi 15 février, le porte-parole du gouvernement justifie la décision par «un contexte exceptionnel de nécessité publique ». Bien des observateurs de la politique burkinabé y voient surtout la mobilisation coûte que coûte des ressources pour «verser un acompte aux partenaires russes» sollicités par la junte pour l’aider dans le combat contre les terroristes. En gros, les militaires au pouvoir ont contraint Endeavour Mining à lui faire crédit.
La réquisition pourrait s’étendre à d’autres sociétés minières et la compensation serait alignée au cours de l’or sur le marché international. Dans ces conditions et au cours actuel de l’or au comptant, le prix de cession de la quantité réquisitionnée par le gouvernement auprès d’Endeavour s’élèverait à environ 12 millions de dollars selon les estimations d’Ecofin.
L’Etat burkinabé détient 10 % d’intérêts dans Mana, comme dans les 3 autres mines d’or exploitées par Endeavour Mining au Burkina Faso. La mine a produit 195 000 onces en 2022, conférant à la compagnie canadienne le rang de premier producteur d’or en Afrique de l’Ouest. Cette multinationale est également présente en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Pour rappel, l’or est la principale ressource exploitée dans un secteur minier burkinabé qui représente 16 % du PIB, 14 % des recettes de l’Etat et 80 % des exportations. Pour accroître cette contribution, l’actuel régime a décidé une révision du code minier et prévoit la construction d’une raffinerie d’or au niveau local.





Burkina Faso



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