En dépit du contexte sécuritaire et économique difficile, le secteur extractif burkinabè affiche une embellie. Selon le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), les retombées financières pour l’État ont atteint le chiffre record de 612 milliards de francs CFA, soit 1,07 milliard de dollars US, en 2024. Une manne financière qui place les mines au cœur de la résurgence économique du pays
Le secteur minier confirme son rôle de poumon économique du Burkina Faso. Les chiffres publiés par l’ITIE sont sans appel : 612 milliards de francs CFA (soit environ 1,07 milliard de dollars) ont été injectés dans les caisses de l’État au cours de l’année 2024. Ce montant marque un tournant historique, illustrant la montée en puissance du secteur extractif. Les recettes proviennent essentiellement des impôts sur les sociétés, des droits de douane et des redevances minières. Cette performance témoigne de la résilience d’un secteur qui a su s’adapter aux défis logistiques et sécuritaires pour maintenir un niveau de production élevé.
La transparence au service de la gouvernance
L’implication de l’ITIE dans la publication de ces chiffres souligne une volonté de transparence accrue. Dans un secteur souvent sujet aux spéculations, la certification de ces flux financiers permet de crédibiliser l’action de l’État et de rassurer les partenaires internationaux. Pour les autorités, l’enjeu est double : maximiser la rente minière tout en garantissant que chaque franc généré soit tracé et comptabilisé.
L’ITIE rappelle que ces 612 milliards représentent une ressource vitale pour le financement des services sociaux de base, notamment l’éducation, la santé et, de manière plus urgente, l’effort de sécurisation du territoire.
Un levier de cohésion nationale
Au-delà des chiffres, cette manne financière est perçue comme un catalyseur social. Pour Priscille Zongo, Secrétaire exécutive de la Chambre des mines, ce record doit servir de socle à une unité nationale renforcée. Elle estime que ces résultats offrent une opportunité unique pour le pays de se projeter vers l’avenir. «C’est un moment privilégié pour un dialogue constructif entre filles et fils de la Nation,», a-t-elle appuyé, rappelant que l’industrie minière ne doit pas être vue uniquement comme une activité d’extraction, mais comme un projet de société inclusif.
L’idée sous-tend que le succès du secteur extractif doit profiter à tous les Burkinabè, des populations locales riveraines des mines jusqu’à l’administration centrale.
Vers une transformation structurelle ?
Si le record de 2024 est une victoire d’étape, le défi reste désormais celui de la transformation. Avec plus de 1 000 milliards de FCFA générés, la question de la diversification de l’économie et de la création d’une chaîne de valeur locale (raffinage, sous-traitance nationale) devient prioritaire. C’est à cet autre défi que le pays s’est attaqué en lançant les travaux de construction d’une usine de raffinerie d’or en novembre 2023 qui aura une capacité d’affinage de 400 kg par jour. En attendant, une usine de traitement des résidus miniers est en activité depuis janvier 2024.





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