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Burundi : Plus de 12 000 entreprises créées en cinq ans. Rencontre avec Léonard Sentore

Pour développer son économie, le Burundi pense déjà à propulser d’autres secteurs dont la création d’entreprises et  d’usines. Une Agence pour la Promotion des Investissements (API) existe depuis 2009. Léonard Sentore, son directeur général décrit le climat des affaires depuis la création de cette agence et fait son bilan.

AFRIMAG : Il y a déjà plus de sept ans que l’Agence pour la promotion des investissements (API) existe. Quelles sont ses missions ?

Léonard Sentore

Léonard Sentore de l’Agence pour la Promotion des Investissement

Léonard Sentore: La mission principale de l’API est  d’attirer les investissements et inciter les exportations vers le Burundi. Elle met un accent particulier sur l’accroissement des Investissements directs étrangers (IDE) et locaux, et s’emploie à vendre l’image du Burundi et les opportunités d’affaires grâce au Service de promotion des investissements (SPI). Par ce canal, l’API appuie les opérateurs privés dans leurs démarches pour l’exportation des produits afin qu’ils présentent plus de produits de meilleure qualité respectant les normes internationales vers les nouveaux marchés.

Grâce à ces activités, beaucoup d’entreprises sont créées au niveau du guichet unique de création d’entreprises de l’API.

A travers son service appui et assistance aux investisseurs, l’API assiste et accompagne les investisseurs dans l’obtention des avantages, des différents documents et informations ainsi que dans l’accomplissement des formalités exigées par les lois, règles et procédures nationales et internationales.

Par ailleurs, à travers son service réformes et développement du capital humain, cette agence travaille activement pour l’amélioration du climat des affaires et le renforcement des capacités de ses employés et partenaires.

Justement, comment se porte aujourd’hui le climat des affaires au Burundi ?

Dans le cadre de l’ajustement de son économie, le gouvernement du Burundi s’est assigné un bon nombre d’objectifs dont la mise en place d’un environnement favorable aux affaires pour attirer l’investissement national et étranger et assurer la promotion du secteur privé. Ainsi, un code des investissements a été promulgué le 10 septembre 2008 suivi par la création de l’API.

Ensuite, le gouvernement s’est engagé sur la voie des réformes touchant la modernisation des textes légaux et réglementaires régissant le monde des affaires, les investissements orientés vers le marché intérieur et les exportations, la simplification des procédures d’établissement et de création des sociétés et le développement du secteur privé..

Un engagement gouvernemental qui transparait notamment à travers la mise en place des structures qui constituent le laboratoire du climat des affaires au Burundi. Ce qui a permis des avancées significatives au classement du Burundi dans différents Rapports du Doing Business et a amélioré son attractivité. 

L’API est l’une des structures incontournables pour la conduite des réformes et parmi les réformes initiées. Citons la mise en place du guichet unique de création de sociétés, l’une des meilleures réformes d’amélioration du climat des affaires, effectuées depuis 2010.

Une réforme qui a permis le passage progressif du secteur informel vers le secteur formel et a rendu la création d’entreprise facile, accessible et rapide.

C’est-à-dire ?

Les procédures de création d’entreprise ont été réduites de 9 à 3. Une société peut être enregistrée, dans moins d’une journée pour une somme forfaitaire de 40.000 BIF (autour de 22 dollars américains) lorsque tous les documents exigés sont présentés. Or, avant,  cela prenait au moins 14 jours.

Bref, nous affirmons que le Climat des affaires est en constante amélioration. Car, le Burundi ne cesse d’initier des réformes dans le cadre des indicateurs du Doing Business de la Banque mondiale.

Quels sont les documents exigés pour créer une entreprise ?

Ils varient selon le type de société. Si le créateur d’une société est une personne physique, dans ce cas, il doit se présenter avec deux  photocopies de la carte nationale d’identité pour les nationaux et deux  photocopies du passeport valide pour les étrangers ou une procuration notariée en cas de besoin.

Après paiement de 40.000BIF (autour de 22 dollars) pour les frais du  Registre de Commerce, il choisit la dénomination de son entreprise, doit avoir toutes les informations sur son siège, une idée sur la forme juridique de la société, connaître les activités principales de la société, informations sur le capital social et sa répartition entre associés, une photo passeport en couleur en cas d’une société unipersonnelle.

A la fin de l’opération qui dure au maximum 4heures, le créateur de société reçoit les Statuts de sa société, un Registre du Commerce et un Numéro d’Identification fiscale.

Après huit ans, combien d’entreprises ou usines sont-elles déjà créées ?

Le Guichet unique (GU) chargé d’immatriculation de sociétés est le seul organe habilité au Burundi pour la création des sociétés. Il existe depuis janvier 2013 et regroupe six institutions à savoir l’API, le Tribunal du Commerce, l’Office burundais des recettes (OBR), l’Institut National de  sécurité sociale (INSS), l’Inspection Générale du Travail et la Banque Commerciale du Burundi (BANCOBU).

L’API a déjà enregistré un nombre important d’entreprises. Ces dernières sont dans de secteurs d’activités différents et sont de différentes origines. Les types de sociétés qui sont couramment enregistrés à l’API sont : les Sociétés Unipersonnelles (SU), les Sociétés des Personnes à Responsabilité limitée (SPRL), les Sociétés Anonymes (SA), les Coopératives, les Succursales des Sociétés étrangères ou nationales, les Sociétés Mixtes (SM), et d’une manière générale, ils sont du commerce général, des services, travaux et transformation.

Bref, depuis 2013 à fin septembre 2018,  nous avons déjà enregistré  12.705 sociétés.

L’investissement sous-entend la création d’emplois. Comment cette nouvelle dynamique contribue à diminuer le chômage ?

Les 12.705 entreprises immatriculées projettent de créer 118 829 emplois. Je tiens à préciser que ce sont des chiffres déclarés lors de l’immatriculation d’une société, l’investissement réel est effectué après, lors de l’établissement réel de ces entreprises.

 

Propos recueillis par Benjamin Berahino

Economie Entreprenariat

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