Les Etats-Unis ont pris le reste du monde par surprise vendredi 24 juillet en instituant de nouveaux droits de douane de 10% et 12,5% sur les marchandises provenant de 60 partenaires, dont l’UE et la Chine. La Maison Blanche justifie sa décision par le fait que ces pays n’avaient pas réussi à freiner les importations réalisées par le travail forcé. Sauf que, ces taxes tombent au moment où un droit de douane mondial temporaire de 10 % arrivait à échéance.
Cette initiative constitue la première étape des efforts déployés par Washington pour reconstruire le mur tarifaire quasi mondial voulu par Donald Trump, après que la Cour suprême a invalidé en février dernier ses droits de douane « réciproques » de 10 % à 50 % imposés en vertu d’une loi sur les urgences nationales pour tenter de réduire le déficit commercial des Etats-Unis. De nouveaux droits de douane étaient attendus, mais les partenaires commerciaux des Etats-Unis ont vivement contesté leur justification. Certains ont toutefois fait remarquer qu’ils ne changeraient rien aux prélèvements actuels, voire qu’ils constituaient une légère amélioration.
La réaction des marchés a été immédiate. Les rendements obligataires ont légèrement augmenté, les droits de douane devant accentuer le risque d’inflation. Cette réaction est plutôt limitée sur les marchés financiers davantage concentrés sur le conflit au Moyen-Orient.
Les nouveaux tarifs douaniers couvrent 99,4 % des importations américaines, mais comprennent de nombreuses exemptions, comme le pétrole et le gaz, les engrais et certains produits alimentaires.
Washington affirme que ses partenaires commerciaux n’ont pas réussi à endiguer le commerce de biens fabriqués grâce au travail forcé qui transitent par leurs chaînes d’approvisionnement, une accusation rejetée par ces pays. « Les Etats-Unis interdisent l’importation de main-d’œuvre forcée depuis près d’un siècle et l’appliquent rigoureusement. Il est grand temps que nos partenaires fassent de même », a déclaré Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, dans un communiqué.
Instaurés en vertu de l’article 301 de la loi de 1974 sur le commerce, ces nouveaux droits de douane permettent à l’administration Trump de maintenir un tarif plancher sur la quasi-totalité des importations, malgré le revers infligé par la Cour suprême. Ces droits de douane sont également susceptibles de présenter moins de risques juridiques, l’article 301 ayant déjà résisté à des contestations judiciaires.
La taxe douanière mondiale temporaire de 10 % imposée par Trump a expiré le vendredi 24 juillet 2026 après 150 jours. Les nouvelles taxes sont entrées en vigueur simultanément, les marchandises en transit étant exemptées jusqu’au 28 juillet.
Les détails des tarifs
Les Etats-Unis ont imposé un droit de douane de 10 % sur les marchandises en provenance d’Argentine, du Bangladesh, de Grande-Bretagne, du Cambodge, du Canada, de l’Équateur, du Salvador, du Guatemala, du Honduras, de l’Inde, de l’Indonésie, de la Jordanie, de la Malaisie, du Mexique, du Pakistan, du Sri Lanka et de Trinité-et-Tobago, affirmant que ces pays avaient des interdictions ou des projets d’interdiction des importations issues du travail forcé, mais qu’ils n’appliquent pas efficacement ces interdictions.
L’Union européenne, Taïwan, le Japon, la Corée du Sud et la Suisse se sont vu appliquer des taux qui, combinés aux taux tarifaires préexistants de la nation la plus favorisée, totalisaient 10 % ou 12,5 %. Les 38 autres pays se sont vu appliquer un taux de 12,5 %. Parmi eux figurent le Vietnam, qui a publié cette semaine un nouveau décret établissant des règles plus détaillées interdisant les importations de biens fabriqués par le travail forcé, et la Chine, accusée par Washington de détenir des minorités ouïghoures dans des camps de travail.





Etats-Unis





