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Cameroun : 900 millions de FCFA pour la relance du café

Ces fonds serviront à maximiser la production et l’industrialisation locale du café car, 75 % de ce produit consommé localement est importé.

Depuis juin 2016, le Cameroun est retourné au Fonds monétaire international (FMI) pour un accompagnement qui devra l’aider à tenir debout face aux chocs endogènes et exogènes qui menacent son économie. Le programme avec le FMI est triennal et déjà, le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) prépare l’après plan triennal. Direction, l’agriculture. « Chaque Etat (de la sous-région Afrique centrale, Ndlr) travaille pour que sa situation économique change et que, même si les causes qui nous ont emmenés dans la crise sont encore là, que ces causes viennent trouver que les structures des économies ont changé, que ces causes ne produisent plus les mêmes effets. C’est donc ces conditions que nous devons changer. Et pour renforcer la résilience, la solution idéale, c’est la diversification », indique Louis Paul Motaze, en charge du Minepat. La diversification évoquée repose sur plusieurs domaines agricoles, notamment dans le Moungo, un département dans la région du Littoral. Ici, le Minepat veut renforcer la production du café à travers une industrie, Synergie nord sud (SNS). Cette entreprise fondée en 2006 par Aimé Njiakin a réalisé un chiffre d’affaires de 491 millions de FCFA en 2016, année au cours de laquelle elle a produit 1 510 tonnes de café décortiqué, 1750 tonnes de café usiné et 450 tonnes de café torréfié, fruit du travail de ses 100 employés directs, qui prennent leur matière première auprès de 6 000 cultivateurs de café. «Vous êtes appelés, vous, de la filière café, à jouer un rôle primordial pour aider le Cameroun à vaincre la crise. Les fluctuations des coûts du café – ce qui a découragé les caféiculteurs – la production a chuté, la consommation est très faible. Les statistiques que nous avons laissent comprendre que 75 % du café consommé au Cameroun vient de l’étranger. Les statistiques que nous avons laissent comprendre que nous transformons moins de 5 % du café produit. Nous allons donc travailler, vous et le gouvernement, à accroitre quantitativement et transformer», indique Louis Paul Motaze. Qui annonce l’appui du gouvernement à la SNS, soit une enveloppe de 900 millions de FCFA.

Champions nationaux

Un appui financier qui servira, entre autres à l’acquisition d’une unité de transformation industrielle et automatique d’une capacité de 3 tonnes par heure, l’acquisition des deux unités de décorticage et deux séchoirs verticaux à répartir sur différents points satellites à travers le bassin de production du Moungo, l’augmentation des revenus des producteurs de café par l’accroissement du prix du prix d’achat du café aux producteurs de 600 FCFA/kg à 1000 FCFA, l’accroissement des rendements agricoles de 200 kg/hac à 800 kg/hac, la création de 500 emplois directs et de 6 600 emplois indirects et transformer 7000 tonnes de café par an d’ici trois ans. Le patron de la SNS est un homme de 56 ans qui a passé 30 ans eu Europe avant de retourner au pays où, généralement, les hommes d’affaires se débrouillent seuls, sans l’apport du gouvernement. Une habitude que les pouvoirs publics du Cameroun veulent changer. « Nous voulons développer la notion de champions nationaux. C’est une réflexion que nous menons encore avec le patronat. Nous y avons mis des universitaires, un certain nombre de personnes, des responsables des PME/PMI, le ministère des Finances, de l’économie, du commerce etc. pour qu’on ait certaines sociétés qu’on appelle des championnes, c’est-à-dire, ces sociétés-là, qui vont permettre à l’économie de grandir, d’être forte », a annoncé le Minepat lors de sa rentrée économique du 25 au 26 janvier dernier dans le Moungo, à près de 70 km à l’ouest de Douala.

Par ailleurs, « synergie Nord Sud va nous permettre de produire du café et de le consommer. Pour des champions nationaux, il y aura des critères objectifs. J’ai l’impression que Synergie commence à remplir les conditions. C’est pour cela que nous sommes à ses côtés. C’est pour cela que nous voulons l’aider à grandir », indique Louis Paul Motaze.

Agriculture Développement Louis Paul Motaze

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