L’agence de notation financière S&P Global Ratings a accordé jeudi 11 juin l’« investment grade », soit la note « BBB+ », à la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), près de 12 ans après sa dernière évaluation. Ses analystes citent « les antécédents de prêt contracyclique de la Banque et le fort soutien de ses actionnaires ».
La notation BBB+, assortie d’une perspective stable, est un cran au-dessus de la notation Baa2 de l’agence Moody’s et intervient quelques mois après la rupture d’Afreximbank avec Fitch Ratings, la banque ayant accusé l’agence de notation d’avoir mal interprété sa mission suite à une dégradation de sa note en catégorie spéculative en raison de désaccords sur le rôle de la Banque dans les restructurations de la dette du Ghana et de la Zambie.
Dans son communiqué, Standard & Poor’s motive sa décision par les (bons) antécédents d’Afreximbank en tant que prêteur contracyclique et le soutien substantiel des actionnaires de la Banque. Le majeur américain de la notation financière relève que le total des actifs de l’établissement de crédit avait atteint 42,3 milliards de dollars fin 2024, contre 7,1 milliards de dollars en 2015.
Afreximbank s’est retrouvée au centre d’un débat sur l’éligibilité des prêteurs au « statut de créancier privilégié », généralement accordé aux institutions multilatérales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, qui les protège des pertes lors des restructurations de la dette souveraine.
Contrairement à ces institutions, la composition mixte de ses actionnaires, publics et privés, complique la prétention d’Afreximbank à ce statut, avait alors indiqué Fitch Ratings pour justifier sa notation.
Prenant à contrepied son concurrent, l’agence Standard & Poor’s a indiqué qu’elle n’avait pas intégré le statut de créancier privilégié dans son évaluation, au motif qu’Afreximbank accorde près de 80 % de ses prêts à des entités du secteur privé.
Toutefois, elle a reconnu que la Banque, ainsi que d’autres institutions, avait connu des retards de paiement prolongés ces dernières années, notamment à la suite des défauts de paiement et des restructurations de dette au Ghana et en Zambie.
Afreximbank avait déclaré en décembre 2024 avoir conclu un accord avec le Ghana concernant son prêt de 750 millions de dollars, mais qu’elle n’avait pas encore trouvé de solution avec la Zambie. L’agence a averti que de nouvelles restructurations de dettes souveraines pourraient peser sur la qualité des actifs d’Afreximbank.





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