Les députés camerounais ont adopté mardi 9 juillet, un projet de loi prorogeant d’un an leur mandat. L’acte reporte d’office les élections législatives prévues début 2025, et pourrait exclure un des leaders de l’opposition de la compétition
C’est un projet de loi déposé samedi 6 juillet par le gouvernement qui a lancé le processus de cette prorogation, adoptée après de longues heures de discussion par les parlementaires camerounais, a confirmé mardi, le «journal d’Etat», Cameroon Tribune.
Dans l’exposé des motifs du texte déposé devant les députés, et qui a été défendu par le ministre des Relations avec les Assemblées, François Bolvine Wakata, les autorités justifient ce glissement par la nécessité d’alléger le calendrier électoral qui prévoit quatre élections courant 2025 à savoir : l’élection des députés à l’Assemblée nationale et des conseillers municipaux, ainsi que l’élection du Président de la République et des Conseillers régionaux.
À cet égard, «en dehors de l’élection des Conseillers régionaux, les autres élections qui sont des scrutins directs, nécessitent un déploiement aussi bien humain que matériel et financier important.» Le texte final adopté repositionne donc les prochaines élections et par conséquent, proroge d’un an le mandat des députés du 10 mars 2025 au 30 mars 2026.
Report des législatives et municipales, bis repetita
Ce n’est pas la première fois que Yaoundé reporte les élections législatives et municipales. Cela était déjà le cas en 2012, lorsque les autorités avaient évoqué la nécessité pour Elecam, l’organe chargé de l’organisation et de gestion du processus électoral qui venait d’être mis sur pied de bien prendre ses marques.
Puis en 2018, les autorités avaient évoqué les mêmes raisons financières pour décaler les scrutins législatifs et municipaux de 15 mois.
Si les précédentes prorogations des mandats de ces élus n’ont pas eu un véritable impact sur des acteurs politiques de premier plan, il est clair qu’au moins un acteur majeur de la scène politique sera impacté, et le report pourrait lui coûter son droit de participer à cette élection. Il s’agit de l’opposant Maurice Kamto, arrivé deuxième lors de la présidentielle de 2018, avec officiellement 14,23 % des voix, derrière le Président Biya dont il a bruyamment contesté la réélection.
Kamto a, avec son parti le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, MRC, boycotté les législatives de 2020, dénonçant «des fraudes lors des précédentes élections de 2013» et exigé au préalable la résolution de la crise sanglante qui sévit dans les régions anglophones du pays depuis 2016.





Cameroun





