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Ce que l’insécurité coûte à l’Afrique

En Afrique, bon nombre de gouvernements fournissent des efforts appréciables pour être au rendez-vous d’agendas communs à toute l’humanité. On pense notamment à ces fameux ODD avec, comme nouvelle ligne de conduite, les “17 objectifs pour transformer notre monde !”

insecurite en afriqueLes Objectifs de développement durable (ODD), un appel de l’ONU à l’action de tous les pays-  pauvres, riches et à revenu intermédiaire – afin de promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète, butent cependant sur un défi d’ampleur mondiale : l’insécurité. Celle-ci devient LA préoccupation dans la plupart des pays africains confrontés à des conflits de natures différentes mais aux conséquences identiques. 

Le G5 Sahel, qui a vocation de monter une force de frappe de 5000 hommes venant des cinq pays membres (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), éclipse, dans les fils d’actualité, des organisations dédiées au développement et à la lutte contre les aléas de la nature, comme le CILSS (Comité inter-Etat de lutte contre la sécheresse au Sahel). La communauté internationale s’empresse de mobiliser 414 millions d’euros (sur les 2 milliards requis), pour “faire bouger” la force, alors que tout laisse croire qu’on attendra encore longtemps avant d’avoir les financements de 40 projets prioritaires identifiés par les experts de l’organisation dans le cadre du Programme prioritaire d’investissement (PIP).

Le “fardeau de la dette” se trouve aujourd’hui déclassé par celui supporté par les pays africains pour une meilleure sécurité. C’est ce que souligne, en termes de dépenses militaires, une étude de l’Institut de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) consacrée à l’Afrique subsaharienne, zone la plus touchée par les opérations terroristes. Le constat est effarant : rapporté à la richesse nationale, sur cinquante ans, l’Afrique subsaharienne arrive au 3ème rang mondial des régions ou le fardeau de la défense est le plus lourd, derrière l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. L’exemple du Mali, qui enregistre la plus forte hausse (+152%), entre 2014 et 2017, donne une idée du tribut que certains payent à l’insécurité ! Ce qui en valeur représente une augmentation de 275 millions de dollars depuis trois ans.

Il n’y a pas lieu d’évoquer, ici, les pertes en vies humaines, inestimables si l’on remonte le cours des conflits armées et des attaques terroristes, mais de voir comment l’économie africaine a pâti de cette insécurité. Certes, des activités comme le tourisme se parent d’une certaine embellie, mais au prix d’efforts constants dans le secteur de la sécurité, qui obligent l’Afrique à solliciter “l’aide” de ses partenaires occidentaux. 

L’Union européenne est engagée sur le terrain dans 16 opérations de gestion de crise, déployant pour ce faire quelque 4000 hommes et femmes. Les Etats-Unis étaient sur la même longueur d’onde, avec l’Africom, commandement unifié créé en 2007. On compte aujourd’hui environ 7200 soldats américains sur le continent, en Somalie, en Libye, au Nigeria notamment, mais aussi dans des dizaines d’autres pays. Mais fin 2018, le Pentagone annonce une réduction de 10% de sa présence militaire en Afrique au cours des prochaines années. 

Alors que les ODD exigent, pour atténuer la pauvreté dans le monde, d’exécuter des stratégies qui développent la croissance économique et répondent à une série de besoins sociaux (éducation, santé, protection sociale, emplois, lutte contre le changement climatique), certains gouvernements se voient contraints d’élaborer leurs budgets annuels en fonction d’un “effort de guerre” imposé par…l’insécurité ! 

Développement durable Sécurité

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