Pendant longtemps, les compagnies américaines ont tiré le transport aérien, puis est venu le tour de l’Europe, laquelle a été supplantée par les nouveaux venus du Golfe, qui ont créé un nouveau standard de confort. Il semble bien que tous ces transporteurs aient atteint un sommet quant à leur croissance et qu’ils doivent maintenant se contenter d’un développement au ralenti, pour plusieurs raisons, dont le frein mis par le lobby écologiste qui a ciblé cette activité, car c’est médiatiquement efficace.

Et pourtant, qu’on le veuille ou non, le transport aérien continue à croître. Il n’est qu’à songer aux quelque 20 000 appareils actuellement en commande, en rappelant que la valeur moyenne d’un avion moderne est de 100 millions de dollars. Les chiffres sont vertigineux, et l’on voit mal comment ils pourraient être supportés uniquement par les pays qui ont jusqu’à présent fait la prospérité de ce secteur.
La Chine et l’Inde aux commandes
Alors, bien sûr, il y a l’Asie. Deux pays tirent maintenant le transport aérien de cet immense continent : la Chine et l’Inde. Les compagnies chinoises opèrent actuellement 4 476 appareils et ont des besoins estimés à 6 810 nouveaux avions d’ici à 2035. L’Inde, qui n’utilise, pourrait-on dire, que 860 avions, en a commandé 2 250 nouveaux pour la même échéance. Voilà qui laisse un peu rêveur. Par comparaison, l’ensemble des compagnies européennes exploite actuellement 6 500 appareils, et les commandes sont estimées à 3 500 d’ici à 2035 ; les chiffres pour les États-Unis sont du même ordre. Cela montre clairement que, dans moins de dix ans, les leaders du transport aérien seront asiatiques.
Le réveil de l’Asie du Sud-Est
Mais en dehors des deux géants, les autres pays d’Asie du Sud-Est commencent très sérieusement à pointer le bout de leur nez. Si l’on limite l’Asie du Sud-Est à un périmètre allant des Philippines au Bangladesh, on ne compte pas moins de 60 compagnies régulières d’un niveau significatif. Rien qu’au Vietnam, neuf transporteurs se partagent un marché certes en forte expansion. Les nouveaux opérateurs poussent comme des champignons. L’un des derniers venus, Viet Travel Airlines, qui n’opère que cinq appareils, vient d’en commander 50 à Airbus lors de la dernière visite du président de la République française, Emmanuel Macron. VietJet, créée en 2009, compte 97 avions dans sa flotte et en possède 76 en commande, dont plus d’un tiers de long-courriers. Le dernier-né des opérateurs vietnamiens, Sun Phu Quoc, créé en 2025, utilise 18 appareils et en a commandé 49, dont une forte proportion de long-courriers.

Des compagnies peu connues en dehors de l’Asie, comme Cebu Pacific aux Philippines, Lion Air en Indonésie ou AirAsia, sont d’une taille largement comparable à nombre de compagnies européennes. À lui seul, le groupe AirAsia a placé des commandes pour 500 longs et courts-courriers.
Des nouveaux venus plus dynamiques que les historiques
Pendant longtemps, seuls quelques opérateurs historiques se sont fait identifier mondialement : Singapore Airlines, Air India ou Air China, par exemple. Mais les nouveaux venus se montrent beaucoup plus dynamiques. IndiGo est en passe de devenir la première compagnie indienne, et elle s’est même payé le luxe d’attirer à sa tête le dernier directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA), Willie Walsh. Je note aussi qu’Air India vient de nommer comme nouveau directeur général Tewolde Gebremariam, l’emblématique ex-dirigeant d’Ethiopian Airlines, qui avait dû quitter ses fonctions à la suite de querelles ethniques dans son pays.

Nous ne sommes pas au bout des surprises venant de ce continent. Combien faudra-t-il de temps aux constructeurs chinois pour faire une vraie concurrence à Airbus et Boeing ? Combien de temps faudra-t-il attendre pour que les nouveaux venus de ce continent déferlent sur les pays occidentaux ? Après tout, ils devront bien trouver les destinations pour utiliser les flottes en commande. J’ajoute que les transporteurs occidentaux seraient bien inspirés de mettre leur service à un niveau équivalent à celui de leurs homologues de cette région.
Ces pays ont compris que le transport aérien était un facteur clé d’un développement économique dont ils ont un très grand besoin pour satisfaire leur population jeune, de mieux en mieux éduquée et branchée sur le monde, car friande de nouvelles technologies. Ils ne seront pas freinés par le ciblage du transport aérien par les écologistes.
Le transport aérien fait une nouvelle fois la preuve de son utilité pour le bien de la planète.
![Édito | Aviation : les futurs majors aériens [Par Jean-Louis Baroux] Et pourtant, qu'on le veuille ou non, le transport aérien continue à croître. Il n'est qu'à songer aux quelque 20 000 appareils actuellement en commande, en rappelant que la valeur moyenne d'un avion moderne est de 100 millions de dollars. Les chiffres sont vertigineux, et l'on voit mal comment ils pourraient être supportés uniquement par les pays qui ont jusqu'à présent fait la prospérité de ce secteur.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Inde-Chine--320x163.jpg)

![Tribune | Le Nexus politique intérieure-extérieure : contraintes internes et comportement extérieur de l’Espagne envers le Maroc [Par Pr. El Hassane Hzaine] L’objet de cet article est de décrire l’évolution des relations hispano-marocaines depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, d’en repérer les régularités et de modéliser la dynamique des interactions en identifiant les chemins causaux qui expliquent les variations entre phases coopératives, phases conflictuelles et crises majeures. À cette fin, nous avons construit une base de données événementielle dont la méthodologie repose sur un design mixte longitudinal combinant le codage de 147 événements dyadiques hispano-marocains (2000-2026) selon deux échelles complémentaires — Goldstein (1992) et COPDAB d’Azar-Sloan (1975-1980) —, la construction d’un indice composite de stabilité gouvernementale espagnole (ISG) intégrant quatre dimensions (durée effective au pouvoir, type de majorité, cohésion de la coalition et marge parlementaire), afin de tester la corrélation entre fragmentation politique intérieure et coopération bilatérale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Maroc-Espagne--320x149.jpg)

![Édito | Aviation : les futurs majors aériens [Par Jean-Louis Baroux] Et pourtant, qu'on le veuille ou non, le transport aérien continue à croître. Il n'est qu'à songer aux quelque 20 000 appareils actuellement en commande, en rappelant que la valeur moyenne d'un avion moderne est de 100 millions de dollars. Les chiffres sont vertigineux, et l'on voit mal comment ils pourraient être supportés uniquement par les pays qui ont jusqu'à présent fait la prospérité de ce secteur.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Inde-Chine--scaled.jpg)

![Tribune | Le Nexus politique intérieure-extérieure : contraintes internes et comportement extérieur de l’Espagne envers le Maroc [Par Pr. El Hassane Hzaine] L’objet de cet article est de décrire l’évolution des relations hispano-marocaines depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, d’en repérer les régularités et de modéliser la dynamique des interactions en identifiant les chemins causaux qui expliquent les variations entre phases coopératives, phases conflictuelles et crises majeures. À cette fin, nous avons construit une base de données événementielle dont la méthodologie repose sur un design mixte longitudinal combinant le codage de 147 événements dyadiques hispano-marocains (2000-2026) selon deux échelles complémentaires — Goldstein (1992) et COPDAB d’Azar-Sloan (1975-1980) —, la construction d’un indice composite de stabilité gouvernementale espagnole (ISG) intégrant quatre dimensions (durée effective au pouvoir, type de majorité, cohésion de la coalition et marge parlementaire), afin de tester la corrélation entre fragmentation politique intérieure et coopération bilatérale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Maroc-Espagne--450x209.jpg)




