L’Agence japonaise de notation (JCR) a confirmé, le 10 septembre 2026 à Riyad, la note de crédit à long terme AAA de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), avec perspective stable. Les obligations de la Banque et son programme d’emprunts obligataires à moyen terme (EMTN) sont eux aussi maintenus à AAA.
Une décision qui récompense le soutien des actionnaires arabes de l’institution, son statut de créancier privilégié et la solidité de sa structure financière, à l’heure où la Banque accélère la mise en œuvre de son Neuvième Plan quinquennal (2025-2029).
Des créances saines et un bénéfice en hausse
JCR justifie sa décision par plusieurs éléments concrets. D’abord, la qualité du portefeuille de prêts : les prêts non performants, c’est-à-dire ceux accumulant plus de 180 jours d’arriérés, sont passés de 2,6 % à fin 2024 à 2,3 % à fin 2025, puis à 1,4 % à fin mars 2026. La Banque n’a d’ailleurs procédé à aucune radiation de prêts, fidèle à son statut historique de créancier privilégié.
Ensuite, les comptes. En 2025, la BADEA a dégagé un bénéfice net de 209 millions de dollars. Ses revenus tirés des activités de prêts et de financement du commerce ont atteint 159 millions de dollars, en progression de 37 % par rapport à 2024. La liquidité n’est pas en reste : les actifs liquides s’élevaient à environ 2,88 milliards de dollars à fin 2025, soit 37,9 % du total du bilan.
Sur le plan opérationnel, l’année 2025 a vu la Banque approuver 2,9 milliards de dollars de nouveaux prêts et décaisser 1,6 milliard de dollars. Des montants qui s’inscrivent dans la trajectoire du Neuvième Plan quinquennal, lequel prévoit 18,4 milliards de dollars de nouveaux engagements et 11,4 milliards de dollars de décaissements sur la période 2025-2029.
Un ancrage grandissant sur les marchés de capitaux
L’autre enseignement du communiqué concerne l’accès de la BADEA aux marchés internationaux. Depuis le lancement de son programme EMTN en novembre 2023, l’institution a réalisé trois émissions obligataires. La dernière, bouclée en juin 2026, a mobilisé 1 milliard de dollars au taux de 4,75 %, à échéance 2031. JCR relève la forte demande des investisseurs sur ces opérations, un signal appréciable pour un émetteur qui ne levait pas encore de fonds sur les marchés il y a trois ans.
Cette notation maximale devrait justement faciliter les prochaines levées. « Le maintien de la notation de crédit maximale constitue une forte reconnaissance de la solidité financière de la BADEA, de la prudence de sa gestion des risques et de sa résilience institutionnelle. Il renforcera davantage notre capacité à accéder à des financements compétitifs sur les marchés internationaux et à développer nos activités de financement du développement et du commerce en Afrique », a déclaré Abdullah K.H.Almusaibeeh Président de la BADEA.
De son côté, Fahad Aldossari, président du Conseil d’administration, y voit la preuve de « la solidité des fondamentaux financiers de la Banque, du soutien constant de ses actionnaires et de son rôle unique dans la promotion de la coopération arabo-africaine. »
Rappelons que la BADEA, détenue par 18 États membres de la Ligue des États arabes, a démarré ses opérations en mars 1975. Elle finance le développement économique exclusivement en Afrique subsaharienne et figure parmi les rares banques multilatérales de développement dont le mandat vise uniquement des pays non actionnaires. Depuis 2015, son champ d’action couvre aussi le commerce arabo-africain et le commerce intra-africain.
Avec son Neuvième Plan quinquennal en cours d’exécution et un appétit confirmé des marchés, la Banque entend maintenant transformer ce AAA en capacité de financement accrue pour le continent.
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