La Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), l’organe de supervision du secteur bancaire, lance une alerte dans son rapport d’activité 2024 sur la montée en flèche de créances en souffrance dans la sous-région de la CEMAC ( la zone est composée de six pays de l’Afrique centrale ayant en commun l’usage du franc CFA- Cameroun, Tchad, Gabon, Guinée équatoriale, Congo-Brazzaville et la République Centrafricaine).
Selon la Commission bancaire de la Cemac, l’encours des créances dites «compromises» atteint 2.024 milliards FCFA fin 2024, soit 144 milliards de plus que l’année précédente et une progression de 7,7 %. Rapportées à l’ensemble de la production annuelle de crédits (12.501 milliards FCFA), elles représentent 16,2 % ! Au sein de cette catégorie, ce sont les créances en souffrance qui représentent la plus grosse part. Au sens de la réglementation, les créances en souffrance regroupent les crédits dont trois échéances n’ont pas été honorées depuis 120 jours et la probabilité de remboursement devient faible. Elles totalisent 1.536 milliards FCFA en 2024, contre 1 445 milliards un an plus tôt, soit une progression de 91 milliards (+6,3 %). Elles représentent 12,2 % de l’encours des crédits.
Les autres catégories de créances évoluent plus modérément. Les créances impayées, qui correspondent aux retards de paiement les plus récents. Elles s’élèvent à 189 milliards de FCFA, soit 1,5 % des crédits bruts. Les créances immobilisées, pour lesquelles les remboursements sont gelés en raison d’un litige ou d’une situation de blocage durable, atteignent 288 milliards, équivalant à 2,3 % du portefeuille.
La situation de la dégradation du portefeuille des banques est variable selon le pays. Trois pays enregistrent une aggravation inquiétante et impactent négativement la moyenne sous-régionale : le Cameroun (+14,5 %), le Gabon (+31,4 %) et le Congo (+5,6 %). A l’inverse, le Tchad (-11 %), la Guinée équatoriale (-5,4 %) et la Centrafrique (-15,1 %) affichent un recul des volumes en souffrance. Ces écarts traduisent, selon le rapport, la diversité des conditions économiques nationales et la capacité variable des banques à maintenir des portefeuilles sains.











