La Banque africaine de développement (BAD) appelle Maurice à mobiliser massivement des financements du développement pour accélérer sa transformation structurelle et atteindre son objectif de devenir une économie à revenu élevé. Cette recommandation figure dans deux rapports publiés le 29 juillet 2026 : le Rapport pays 2026 (Country Focus Report) et l’Étude sur la productivité à Maurice.

Selon le Rapport pays, la croissance économique devrait ralentir à 3 % en 2026 avant de rebondir à 3,8 % en 2027. Cette reprise sera portée par les services financiers, le commerce de gros et de détail, le tourisme — qui a enregistré un record de 1,44 million d’arrivées en 2025 — ainsi que par la consommation des ménages.
Les freins à la transformation économique
Toutefois, plusieurs freins structurels entravent une transformation économique plus profonde : rigidités du marché du travail, inadéquation des compétences, vieillissement de la population, déficits en infrastructures (eau, énergie, logistique portuaire) et lacunes dans les technologies de l’information et de la communication.
Sur le plan macroéconomique, l’inflation devrait atteindre 5,7 % en 2026, dépassant la cible de la Banque centrale (2 % à 5 %), en raison des tensions au Moyen-Orient, puis reculer à 3,9 % en 2027. Malgré un engagement affiché en faveur de l’assainissement budgétaire, la dette publique reste élevée. Le déficit devrait néanmoins se réduire à 6 % du PIB en 2026 et à 3,7 % en 2027, permettant à la dette de passer sous les 80 % du PIB d’ici 2029.
Lors du lancement virtuel, le professeur Kevin Urama, économiste en chef de la BAD, a insisté sur l’importance de bonnes pratiques en matière de mobilisation des recettes intérieures, de gestion des finances publiques et de lutte contre l’informalité pour financer le développement. Moono Mupotola, directrice générale adjointe pour l’Afrique australe, a quant à elle souligné que ces rapports constituent une feuille de route fondée sur des données probantes pour renforcer la résilience et la compétitivité de Maurice.
L’Étude sur la productivité, présentée par la professeure associée Taruna Ramessur, identifie plusieurs piliers de croissance émergents : l’économie océanique, l’économie numérique et du savoir, l’économie circulaire et les industries créatives. Elle analyse par ailleurs les causes du ralentissement de la productivité et les moyens de stimuler la numérisation et l’adoption de l’Industrie 4.0.
L’événement a réuni des responsables gouvernementaux, des partenaires au développement, des acteurs du secteur privé, de la société civile et des représentants du PNUD. Jamiil Jeetoo, économiste national du PNUD, a rappelé que l’évaluation du financement du développement ne saurait se limiter au volume mobilisé, mais devait aussi prendre en compte la productivité et la résilience qu’il engendre.




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