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Conjoncture : La désunion européenne en temps de coronavirus

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L’Union européenne (UE) est soumise aujourd’hui à rude épreuve par la pandémie du coronavirus. L’impuissance à proposer des solutions efficaces contre le Covid-19, outre un confinement qui détruit certaines des économies les plus puissantes au monde, resurgit de manière plus tragique. Quand la nécessité de faire jouer une solidarité posée comme l’un des fondamentaux de la construction même de l’UE régie par le traité de Maastricht (TUE) et le traité de Rome (TFUE), dans leur version actuelle, depuis le 1er décembre 2009 et l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.

 

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne

Ne pas parvenir à se mettre d’accord sur un Plan de relance, quand, outre-Atlantique, Républicains et Démocrates taisent leurs dissensions pour conserver aux USA leur statut de première puissance économique, est révélateur d’un malaise profond. Le spectre du Brexit menacé d’effondrement subit une entité économique s’étendant sur un territoire de 4,2 millions de kilomètres carrés et peuplée de plus de 443 millions d’habitants, les plus riches refusant de venir en secours aux plus pauvres en cette période de crise sans précédent provoquée par le coronavirus.

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En Italie, bien avant l’apparition de la pandémie, un citoyen sur trois était favorable à la sortie de l’UE ! L’attitude désastreuse des 27 face au Covid-19 est venue raffermir cette conviction que Rome pourrait bien suivre la voie empruntée par Londres il y a quelques mois. En 2016, 28 % des Italiens estimaient utile une telle consultation dans la péninsule, ils sont désormais 49,5 %. Un tiers d’entre eux sont même sûrs de répondre «oui» si on leur demandait leur avis sur la sortie de leur pays de l’UE.

Pour l’ancien Premier ministre Enrico Letta, «En Italie, la crise a été terrible pour l’image de l’UE ». A la tête du Conseil, en 2013-2014, il appelait déjà les Etats membres à faire preuve de solidarité face à la crise migratoire qui mettait son pays à rude épreuve.

La pandémie est venue rappeler aux Italiens la théoricité d’une Union qui ne résiste pas toujours aux calculs politiques, de puissances économiques et de rapports de force. En cela, il fallait que la crise engendrée par la pandémie soit d’égale ampleur partout pour que les 27 Etats s’entendent sur un compromis de nature à maintenir un semblant de cohésion – de cohérence –  géostratégique.

L’opposition à propos de la riposte commune, particulièrement tournée vers un après Covid-19 qui tarde à se dessiner, épouse les contours d’une Europe coupée en Nord, relativement épargné (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède) et Sud durement touché (Italie, Espagne, France).

Si les 27 sont presque d’accord qu’il faut trouver un compromis consistant à loger le fonds de relance au sein du prochain budget pluriannuel (2021-2027) de l’Union européenne, ils sont en désaccord sur l’enveloppe à dégager mais surtout sur sa répartition en fonction des besoins créés par le coronavirus. Alors que la France, l’Italie et l’Espagne bataillaient ferme pour une enveloppe dépassant les 1000 milliards d’euros, les ministres des Finances de l’UE sont tombés d’accord sur un minima de 540 milliards d’euros comme financements d’une liste de mesures de soutien à l’économie, aux travailleurs et aux services publics face au choc du Covid-19.

 

Le renforcement des activités de la BEI

Le groupe BEI (Banque européenne d’investissement ) a proposé la mise en place d’un «Fonds pan-européen de garanties»,[…]

 

Lire la suite dans  votre magazine (page 20) : https://afrimag.net/afrimag-142-mai-2020/

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