Le milliardaire américain a promis d’emmener des êtres humains sur la planète Mars après l’entrée en Bourse record de SpaceX.
L’action SpaceX s’envole à la Bourse de New York ce vendredi au premier jour de cette cotation historique, plaçant sur orbite la fortune de son patron Elon Musk, qui devient le premier à franchir le palier symbolique des 1 000 milliards de dollars. Moins de deux heures après le début des échanges, le titre a bondi de 30 % au-delà de 175 dollars, avant de refluer légèrement. Le prix initial avait été fixé 135 dollars. Cela vient confirmer l’engouement des investisseurs pour cette opération hors norme, grâce à laquelle le joyau d’Elon Musk a récolté pas moins de 75 milliards de dollars, le triple du record détenu depuis 2019 par le pétrolier Saudi Aramco.
« SpaceX souhaite pouvoir vous emmener sur la Lune, sur Mars et, à terme, encore plus loin, et je suis convaincu qu’avec l’incroyable équipe dont nous disposons ici chez SpaceX, nous y parviendrons pour vous », a assuré en début de journée Elon Musk depuis le siège du groupe, à Starbase au Texas. L’homme d’affaires a republié sur X – réseau social qui appartient à SpaceX – plusieurs images de banquiers arborant des chaussures vertes siglées du nom de sa société. Dans le langage de Wall Street, cela fait référence à une ferveur pour une introduction en Bourse, qui permet à une société de lever plus d’argent qu’initialement envisagé.
Dans le cas de SpaceX, la cagnotte pourrait ainsi grimper jusqu’à 86 milliards de dollars. Au total, l’entreprise dépasse le seuil de 2 000 milliards de dollars de valorisation boursière, la hissant parmi les huit plus grosses capitalisations boursières. Cela représente plus de 100 fois son chiffre d’affaires annuel, une incongruité sur les marchés boursiers. « Les gens veulent participer à ce qu’Elon Musk construit », avait confié dans la matinée Adam Ennis, 35 ans, conseiller en gestion de patrimoine.Comme lui, une centaine de personnes se sont rassemblées vendredi matin devant les bâtiments du Nasdaq, à Times Square (New York), où les écrans géants ont diffusé des publicités pour SpaceX.
Une fortune personnelle quasiment triplée
Avec cette cotation, la fortune d’Elon Musk a franchi ce vendredi pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars, soit presque la somme des richesses produites en une année par des pays comme la Suisse ou la Pologne. L’entrepreneur en série a quasiment triplé sa fortune depuis fin 2024 et dépasse de loin ses concurrents. « Cela met en évidence le problème des inégalités […] ainsi que la responsabilité qui incombe à ceux qui bénéficient de ces inégalités de faire tout leur possible pour aider tout le monde », a réagi Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU.
Plus tôt dans la semaine, la sénatrice démocrate Elizabeth Warren avait appelé le gendarme des marchés, la SEC, à suspendre l’entrée en Bourse de SpaceX le temps de vérifications pour s’assurer que les investisseurs ne sont pas floués. Elle avait notamment mis en avant le pouvoir « sans précédent » d’Elon Musk, dont le soutien apporté à Donald Trump et à des figures d’extrême-droite en Europe a fait passer l’entrepreneur du statut de prodige largement admiré à celui de personnalité profondément clivante. L’homme le plus riche du monde va conserver l’essentiel des droits de vote de SpaceX, tout en ne contrôlant qu’environ 42 % du capital de l’entreprise.
À la conquête de marchés encore inexistants
Pour son introduction en Bourse, le groupe a décidé de choyer les investisseurs individuels en leur réservant une part importante des actions nouvelles. Beaucoup d’entre eux adhèrent à la vision d’Elon Musk, celle d’un conglomérat multi-facettes, hétéroclite pour certains, entre fusées, intelligence artificielle (IA), puces, internet par satellite et réseau social. Ce que vend Elon Musk aux investisseurs, bien plus que les activités qui rapportent déjà, comme le lanceur Falcon ou le réseau internet Starlink, c’est un potentiel et des marchés qui n’existent pas encore, comme celui des centres de données dans l’espace.
« L’envoi de passagers sur la Lune et sur Mars, pas seulement des astronautes, la production d’énergie et l’exploitation minière d’astéroïdes, toutes ces choses-là […] relevaient largement de la science-fiction », souligne George Nield, du cabinet de conseil Commercial Space Technologies. Très optimiste sur le futur des industries spatiales privées, il estime disposer de « suffisamment d’éléments » pour voir ces ambitions « être réalisées dans un avenir proche ».
Avec AFP





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