Le taux de bancarisation est passé de 17,2 % en 2017 à 31,2 % en 2023 en Côte d’Ivoire. À contrario, le secteur des assurances peine toujours à atteindre les populations qu’il est pourtant censé servir. Comment s’explique ce retard et quelles sont les initiatives des assureurs et des pouvoirs publics pour y remédier ? C’est la substance des échanges qui ont eu lieu lors d’un petit-déjeuner de presse ce mercredi 24 juin 2026, à l’initiative de l’assureur-vie Belife Insurance.
Et si l’assurance-vie s’imposait à tous…
Face à un taux de pénétration de l’assurance bloqué sous 1,5 % en Côte d’Ivoire, le directeur du développement commercial de Belife Insurance, Mamery Silué, propose de rendre obligatoires certaines garanties d’assurance-vie. Une telle mesure pourrait concerner par exemple la couverture des frais funéraires, sur le modèle de l’assurance automobile, propose-t-il. En effet, il part du constat que les familles s’épuisent financièrement d’abord pour soigner un proche, puis pour ses obsèques. La proposition de l’assureur-vie Belife consisterait à adosser une garantie complémentaire à la CMU pour prendre en charge immédiatement les frais de conservation, de cercueil et de transfert. Par ailleurs, l’assureur recommande d’inclure un prélèvement de 1 000 F CFA dans les frais d’inscription scolaire afin qu’une compagnie d’assurance couvre les études de l’élève orphelin, « une solution solidaire qui nécessite une concertation entre l’État et le secteur des assurances ». Enfin, Belife s’apprête à lancer une plateforme 100 % digitale pour démocratiser l’accès à ses services.
Au-delà de la coercition, la sensibilisation : le plaidoyer des consommateurs
« Loin de vouloir mobiliser les Ivoiriens dans la rue, notre démarche privilégie le dialogue direct avec les pouvoirs publics afin de soumettre des solutions concrètes aux difficultés des usagers, tout en ayant un regard critique sur la gestion des affaires publiques et des entreprises privées délégataires de services de l’État », a insisté Marius Comoé, président du Conseil national des organisations de consommateurs. Le Conseil national des organisations de consommateurs se veut pour mission de veiller à ce que l’offre s’accorde avec les besoins des populations dans le secteur des assurances. En effet, selon lui, les assureurs doivent inspirer confiance par une transparence totale et prouver leur capacité à honorer les sinistres, plutôt que de se limiter à un rôle de collecteur de primes d’assurance. Leur démarche se doit d’être davantage pédagogique afin que les contrats soient intelligibles à toutes les franges de la population, notamment pour ceux qui touchent à leurs obligations en tant qu’assurés.»





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