C’est un accord inédit qui a été conclu au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie à Libreville lundi 6 juillet entre trois régulateurs de secteurs bancaire, boursier et des assurances de sous-régions de l’UMOA et de la CEMAC. En effet, la Commission de Surveillance du Marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) l’AMF-UMOA et la CIMA (Conférence interafricaine des Marchés des assurances) ont convenu de muscler leur coopération en marge d’un atelier consacré à la mobilisation de l’épargne au service de l’économie.
Pour la première fois, les gendarmes des marchés financiers de deux sous-régions s’assoient à la même table que le régulateur des marchés de l’assurance en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, avec un cadre permanent de concertation.
Concrètement, le deal entre ces trois régulateurs s’articule autour de quatre leviers : le partage d’informations, l’assistance technique mutuelle, la convergence des normes prudentielles et la coordination de la supervision. Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de la Cosumaf, insiste sur le fait qu’«il s’agit d’un acte et non d’un symbole », la régulation financière touchant, dit-elle, à la souveraineté des Etats. Son collègue, le président de l’AMF-UMOA, Kossi Tenou, a lui, mis en avant le rôle stratégique des compagnies d’assurance, dont l’horizon de placement long est naturellement compatible avec le financement des infrastructures.
Sur le fond, ce rendez-vous de Libreville a le mérite de structurer deux chantiers prioritaires : comment mobiliser les marchés des capitaux pour financer les infrastructures qui font défaut dans ces pays, et comment faire de l’assurance un levier de financement de l’économie réelle plutôt qu’un simple filet de protection.
Le secrétaire général de la CIMA, Eric Rochereau Kouaghu Tchuisseu, a résumé l’ambition de ce partenariat : dépasser les cloisonnements sectoriels et géographiques pour faire émerger un écosystème financier intégré entre les deux zones.
Par ailleurs, une meilleure coordination entre le régulateur boursier de la Cemac et son homologue de l’UMOA devrait faciliter à terme la mobilité de capitaux entre les deux Bourses, un enjeu important pour les entreprises régionales en quête de financement. La convergence des normes prudentielles annoncée devrait aussi faciliter les opérations transfrontalières pour les investisseurs institutionnels, notamment les assureurs, appelés à jouer un rôle moteur dans le financement à long terme.
Reste l’épreuve du concret. Harmoniser deux cadres réglementaires bâtis sur des décennies d’histoire monétaire séparée demande plus qu’une signature : formation des équipes, alignement des textes, outils de supervision partagés. Libreville présente cette convention comme un jalon de son ambition d’intégration financière africaine. Sur le papier, personne ne dira le contraire.





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