À Dakar, Elly Savatia, jeune innovateur kenyan, a décroché le prestigieux Prix Afrique de l’innovation en ingénierie grâce à Terp 360, une application basée sur l’IA qui traduit la parole en langue des signes à l’aide d’avatars 3D. Une avancée majeure pour des millions de personnes sourdes ou malentendantes sur le continent africain
C’est une victoire porteuse d’espoir pour l’accessibilité en Afrique. Le 16 octobre 2025, à Dakar, l’Académie royale d’ingénierie a décerné à Elly Savatia le Prix Afrique de l’innovation en ingénierie, récompensant son application Terp 360, un outil révolutionnaire qui pourrait transformer la communication des personnes sourdes ou malentendantes sur le continent.

Cette application, développée au Kenya, utilise l’intelligence artificielle pour traduire en temps réel la parole en langue des signes via des avatars 3D réalistes, une première sur le continent. Avec cette technologie, Savatia répond à un problème structurel : la pénurie chronique d’interprètes en langue des signes dans les salles de classe, les lieux de travail et les services publics africains.
«Cette récompense témoigne du potentiel des innovations africaines pour répondre à des enjeux globaux,» a déclaré Elly Savatia lors de la cérémonie.
50 000 £ pour aller plus loin

En recevant ce prix, accompagné d’une dotation de 50 000 £, Savatia compte accélérer le développement de Terp 360, notamment sur le marché B2B. L’application cible en priorité les secteurs de l’éducation, de la santé et des entreprises, où les besoins en accessibilité sont particulièrement criants.
Développée en étroite collaboration avec des personnes sourdes et malentendantes, Terp 360 s’appuie sur une base de données locale de plus de 2 300 signes enregistrés, garantissant une pertinence culturelle et linguistique indispensable à l’efficacité de l’outil.
Une édition historique à Dakar

Organisée pour la première fois en Afrique francophone, la finale du Prix Afrique 2025 a rassemblé un jury international composé de sept experts, présidé par l’entrepreneure camerounaise Rebecca Enonchong. Elle a salué le haut niveau des candidatures et la portée des projets présentés :
«C’est exactement l’objectif du Prix Afrique : mettre en lumière des solutions innovantes conçues en Afrique pour le monde entier,»a-t-elle affirmé.
Trois autres finalistes se sont également distingués lors de la cérémonie, chacun recevant 10 000 £ pour poursuivre leur projet :
Vivian Arinaitwe (Ouganda), pour Neo Nest, un dispositif de réchauffement des nouveau-nés pendant les transferts médicaux ;
Frank Owusu (Ghana), pour Aquamet, une technologie de surveillance de la qualité de l’eau pour pisciculteurs ;
Carol Ofafa (Kenya), pour E-Safiri, un réseau de stations solaires pour recharger motos et vélos électriques.
Un prix tourné vers l’avenir
Le Prix One to Watch, d’une valeur de 5 000 £, a été attribué par le public à Rui Bauhofer (Mozambique) pour Eco-Plates, des assiettes biodégradables fabriquées à partir de cosses de maïs recyclées et intégrant des graines qui germent après usage.
Lancé en 2014, le Prix Afrique a déjà soutenu plus de 160 innovateurs issus de plus de 20 pays. Le programme offre bien plus qu’un soutien financier : formations, mentorat, accompagnement stratégique et ouverture à des réseaux mondiaux. Beaucoup d’anciens lauréats dirigent aujourd’hui des entreprises florissantes à fort impact.
Une nouvelle génération d’ingénieurs africains
La sélection des finalistes repose sur plusieurs critères exigeants : qualité de l’innovation technique, viabilité commerciale, impact sociétal et potentiel de croissance. Le programme inclut également une formation de huit mois, combinant compétences business, modélisation financière et analyse de marché.
Les candidatures pour l’édition 2026 ouvriront à la mi-année. L’Afrique regorge d’esprits brillants, et comme l’a prouvé Elly Savatia, l’innovation peut naître partout — et changer le monde depuis ici.





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