Un nouveau financement international doit accélérer la modernisation du chemin de fer gabonais, fragilisé par le vieillissement des infrastructures et la baisse de ses performances logistiques.
À Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, un nouveau cap a été franchi dans la réhabilitation du Transgabonais. Un protocole d’accord (MoU) portant sur un financement de 225 millions d’euros, soit près de 261,6 millions de dollars, a été signé pour soutenir la troisième phase du programme de rénovation des 648 kilomètres de cette ligne ferroviaire stratégique.
Un montage financier international pour relancer le rail gabonais
Structuré avec l’appui de la Société financière internationale (IFC), ce financement repose sur plusieurs mécanismes de finance du développement. Le dispositif combine notamment un soutien direct à la Société d’exploitation du Transgabonais (SETRAG), un prêt souverain accordé à l’État gabonais par l’Agence française de développement (AFD), ainsi qu’une subvention de l’Union européenne dans le cadre de l’initiative Global Gateway.
Cette approche coordonnée vise à redonner un second souffle à une infrastructure essentielle au transport des marchandises et des passagers au Gabon.
Une infrastructure stratégique en perte de vitesse
Le Transgabonais souffre depuis plusieurs années d’une dégradation progressive de ses installations. Le vieillissement des voies et des équipements a contribué à affaiblir les performances logistiques du pays, notamment pour l’exportation de ressources stratégiques comme le manganèse et le bois.
Les usagers du réseau subissent également les conséquences de cette détérioration : retards, problèmes de sécurité et conditions de voyage souvent dénoncées comme inconfortables.
Le manganèse au cœur des enjeux économiques
Près de 400 kilomètres de voies ont déjà été rénovés dans les précédentes phases du programme. Grâce à cette nouvelle enveloppe financière, les autorités et leurs partenaires espèrent sécuriser davantage le transport du manganèse, ressource clé pour la transition énergétique mondiale.
Le Gabon figure parmi les principaux producteurs mondiaux de ce minerai stratégique. Selon le groupe Eramet, le pays ambitionne de faire passer les volumes annuels de fret de 9 millions de tonnes actuellement à 21 millions de tonnes d’ici 2029.
Un levier pour toute l’économie gabonaise
Au-delà des enjeux miniers, la modernisation du Transgabonais devrait permettre d’améliorer la circulation des marchandises sur l’ensemble du corridor ferroviaire et de renforcer la fiabilité du transport de passagers.
Considéré comme un axe vital pour l’économie nationale, le chemin de fer demeure un outil central pour soutenir les échanges, désenclaver certaines régions et accompagner les ambitions industrielles du Gabon.





Gabon

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