Un tribunal fédéral à Abuja a frappé très fort en condamnant mercredi 13 mai, l’ancien ministre de l’Energie, Saleh Mamman en fuite à l’étranger, probablement aux Etats-Unis, à 75 ans de prison après l’avoir reconnu coupable de blanchiment de 33,8 milliards de nairas (24,71 millions de dollars), a indiqué la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) dans un communiqué.
La Haute Cour fédérale a déclaré coupable l’ex-ministre des 12 chefs d’accusation qui étaient reprochés. La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) l’avait accusé d’avoir blanchi 33,8 milliards de nairas par le biais de sociétés privées, des fonds qui, selon le procureur, provenaient d’activités illégales liées à des projets hydro-électriques financés par le gouvernement, notamment les centrales de Mambilla et de Zungeru.
Le tribunal a ordonné aux services de sécurité nigérians et internationaux d’arrêter Mamman et de le remettre aux autorités pénitentiaires pour qu’il purge sa peine. Un mandat d’arrêt international a été aussitôt émis par les autorités nigérianes.
Par son ampleur, il s’agit de la plus lourde peine prononcée contre des fonctionnaires corrompus dans ce pays, la justice nigériane ayant sans doute cherché à marquer les esprits et à envoyer un message ferme à l’opinion publique.
Mamman, qui occupait le poste de ministre de l’Energie en 2019, a été condamné par contumace.
Le Nigéria est depuis longtemps aux prises avec des affaires de corruption très médiatisées impliquant des fonctionnaires, la Commission des crimes économiques et financiers étant chargée de poursuivre les délits financiers. L’affaire Mamman porte sur des fonds destinés à des projets d’infrastructures énergétiques essentiels dans le pays le plus peuplé d’Afrique où les coupures d’électricité sont récurrentes.





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