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Le défi de l’agriculture

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Senegal-AgriculteursL’agriculture africaine, un secteur vital est mal en point. Plusieurs raisons expliquent cet état mais le plus fondamental sont liés à la mauvaise gestion des terres, la faible utilisation des intrants, le phénomène d’exode rural avec comme corollaires l’abandon des terres arables. Alors l’Afrique est bien loin encore d’assurer son autosuffisance alimentaire !

Sait-on qu’un agriculteur européen emploie jusqu’à plus de 25 fois de fertilisants que le paysan africain ? A l’échelle mondiale, l’Afrique est le continent où la consommation d’engrais est presqu’insignifiante. En 2013, on enregistrait à peine 18 kg d’azote, potassium et phosphore par hectare de surface cultivée. Ramené à la totalité de la surface agricole utile disponible en Afrique, ce niveau reste encore faible. Les conséquences qui s’en découlent sont des rendements médiocres en plus d’un amoindrissement de la fertilité des sols. Ainsi, n’est-il pas plus judicieux d’apporter un complément d’éléments nutritifs permettant d’obtenir des gains de productivité plus intéressants.

Les douze plus gros utilisateurs de tracteurs représentent 70% du parc mondial de machines agricoles. Après les Etats-Unis avec ses 4,8 millions de tracteurs, vient le Japon avec ses deux millions et même le Brésil en 12ème position avec 800.000 machines, aucun pays africain ne figure sur cette liste. L’on comprend que l’agriculture africaine est encore fortement liée à un outillage d’exploitation digne du moyen âge : ce sont entre autres les outils manuels dont le maniement requiert beaucoup d’effort physique et de surcroit peu productifs et usant à souhait. Rares sont les régions où l’on ne retrouve pas encore ces instruments.

Enfin, ce n’est qu’en Afrique que les terres arables sont encore importantes. Depuis plusieurs décennies déjà, il n’est pratiquement plus possible d’étendre les terrains agricoles sauf à détruire de vastes zones de forêts primaires comme c’est le cas encore au Brésil et en Amérique du Sud. En Afrique, en revanche, il n’est pas besoin de verser dans la déforestation à outrance. Les bordures de fleuves, les vastes plaines en témoignent. Et plus étonnant, leur accès demeure facile car il suffit de quelque modique somme d’argent pour être un propriétaire.

Il est temps que des politiques agricoles ambitieuses soient mises en place pour qu’enfin l’Afrique produise ce qu’elle consomme. Car, en y mettant la volonté et les moyens, le continent est non seulement capable de se prendre en charge en termes d’alimentation, mais il peut aussi nourrir le monde.

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