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Le difficile financement des PME en Afrique

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La crise mondiale que nous connaissons aujourd’hui du fait de la pandémie de Covid 19 est sans précédent dans l’histoire. Certes il y a eut par le passé d’innombrables épidémies, parfois bien plus dévastatrices que celle que nous connaissons, mais c’est la première fois que la planète entière est confrontée à une telle crise simultanément.

Depuis le début de cette crise, les difficultés économiques entrainent des milliers d’entreprises dans la tourmente parfois même vers une faillite inéluctable. Tout particulièrement dans le domaine agricole, l’un des plus sévèrement touchés par cette crise, notamment en Afrique. Les états ont bien du mal, dans les pays dits émergents, à mettre en place une aide globale au système économique, laissant souvent les entrepreneurs, quel que soit leur secteur d’activité, dans une situation financière catastrophique.

Se pose alors plus durement encore la question du financement des entreprises, spécialement les exploitations agricoles. Quelles sont les solutions ?  Obtenir un prêt quand on est agriculteur est certainement la chose la plus dure, particulièrement pour les petites structures souvent délaissées au profit des agro-industriels ou des investisseurs étrangers.


On a trouvé, en bonne politique, le secret de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres. Voltaire

Paradoxe étonnant et pourtant pas nouveau, le secteur agricole nourrit la planète mais souffre d’un sous financement structurel qui donne à cette ancienne réflexion de Voltaire un sens particulièrement effrayant en ce début de 21ème siècle ! Malgré les fonds colossaux déployés par la Banque Mondiale ou le FMI dans certains pays, les agriculteurs restent presque partout une population sous payée, dépendante de cours fixés à des milliers de kilomètres de leur pays et d’un système mondialisé qui se moque bien des situations particulières de ces exploitants.

Et ce n’est pas la PAC européenne qui y change quelque chose. L’agriculture vit sous perfusion permanente des états, permettant ainsi de pouvoir vendre à l’international des denrées « au cours du jour », mais cours faussé par l’apport massif de ces subventions.

Il n’est pas question ici de remettre en cause ce système de subventions, mais d’attirer l’attention des dirigeants et autres responsables sur la difficulté du financement des entreprises, tout particulièrement agricoles.

Certes l’Afrique dispose de nombreux « business angels », mais ces quelques entrepreneurs privilégiés ne reflètent pas la réalité globale de la problématique du financement des entreprises.

C’est un système global qui est en cause, issu de décennies voire de siècles d’histoire. Les garanties exigées par les banques, financeurs théoriques de l’économie, sont telles qu’elles sont souvent  impossibles à réunir. Les financement d’établissements de crédit privés, comme le sénégalais Locafrique créé par un autre business angel, Khadim Ba, peuvent en effet suppléer à une partie de ces besoins en financement, mais cela suffira t-il à sortir tant d’entreprises de la crise actuelle ?

Après des décennies d’une agriculture orientée essentiellement vers l’export, le temps ne serait il pas venu de repenser le modèle agricole africain, à l’aube de l’ouverture du marché commun de la ZLECA ?

Peut être cette crise due au coronavirus aura au point une conséquence positive : repenser à l’échelle globale le modèle agricole productiviste au profit d’une organisation orientée vers l’autosuffisance alimentaire, ou tout au moins plus productrice de valeur ajoutée locale.

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