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Entrepreneuriat : la chance de l’Afrique

Compétitivité, transformation locale, investissements intra-africains ou encore capacité financière africaine. Ce sont-là quelques-uns des sujets récurrents que les gouvernements et le secteur privé auscultent pour accélérer la croissance en donnant plus d’élan à l’entrepreneuriat. L’importance, le poids et le pouvoir des entreprises sont de plus en plus marqués.

entrepreunariat afriqueMalgré la baisse de régime constatée au niveau des économies nationales, la montée de la Chine et de l’Inde est une preuve supplémentaire que le développement bottom-up, c’est-à-dire des citoyens vers l’Etat, et non l’inverse, est la solution à la déstructuration d’une économie postcoloniale ayant tardé à faire ses preuves.

La faillite du modèle Etat-providence comme solution pour venir à bout d’une situation de pauvreté qui toucherait près de 500 millions d’Africains, selon Les Perspectives de l’économie africaine en 2017 (Rapport : BAD, OCDE, PNUD), est établie depuis la fin du siècle dernier.

Pour créer de la richesse ou, avec une ambition moindre, comme celle de sortir une bonne partie de ces «damnés de l’opulence» qui vivent avec moins de deux dollars par jour, les entreprises africaines doivent jouer le premier rôle. Si l’emploi a augmenté en moyenne annuelle de 2,8 %, soit environ la moitié du taux de croissance économique (4% au Botswana,  au Cameroun,…), ce n’est nullement parce que la fonction publique embauche mais parce qu’un entrepreneuriat « libéré » des pesanteurs du secteur public est en train de s’affirmer. Aux gouvernants, on ne demande plus d’investir à fonds perdus dans les secteurs sociaux, tels la santé et l’éducation, mais seulement de mettre en place les lois appropriées et les instruments, pour atténuer les risques les plus élevés. Le développement des infrastructures va dans ce sens ; de même que la défiscalisation que compense avantageusement la création des emplois (donc de la richesse) par les entreprises Cette nouvelle orientation consacre aussi la fin d’un mythe : la croissance n’atténue pas forcément la pauvreté. Elle serait même un facteur d’accentuation des déséquilibres sociaux, si elle n’est pas inclusive. Les 350 millions d’Africains estampillés dans la « classe moyenne » sont plus proches de ceux du seuil critique de pauvreté (500 millions) que de la minorité des nantis.

Ainsi, le PIB réel moyen en Afrique a rebondi pour atteindre 3,6 % en 2017  contre 2,2% en 2016, et les projections indiquent une croissance de 4,1 % en 2018 et 2019. Si c’est deux fois moins que la Chine, le continent présente des résultats globalement supérieurs à ceux des pays émergents. Pourtant, l’image est bien différente si l’on parle du PIB par habitant. Compte tenu de la progression de la démographie (1,2 milliard d’habitants) sur le continent, la croissance du PIB par habitant sur la période n’est que de 1,8 % par an. Avec cet indicateur, l’Afrique fait beaucoup moins bien que les pays émergents.

La libéralisation entamée – imposée pour certains – depuis trois décennies doit avoir maintenant comme vocation de laisser aux entreprises la responsabilité de créer des richesses pour répondre à la fois aux besoins du marché domestique, dans un périmètre certes variable (proximité immédiate, territoire national), et à ceux d’une mondialisation sans merci.

L’UA qui vient d’achever à Nouakchott un sommet dédié à la lutte contre la corruption doit s’atteler à lever les fortes contraintes que sont l’instabilité économique et sociale, la précarité, voire l’absence, des ressources financières et les problèmes d’accès au marché. Aux entreprises alors d’être portées constamment vers des stratégies leur per- mettant d’améliorer leur capacité à créer de la richesse et des emplois afin que l’amélioration de la richesse des nations soit largement à l’augmentation de la population.

Entreprenariat

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