Le rapport 2024 de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) révèle que le secteur bancaire burkinabè a appliqué le taux d’intérêt le plus bas de la zone UEMOA pour les crédits destinés aux femmes en 2024. Cette performance notable s’inscrit dans un contexte où les femmes, malgré leur dynamisme entrepreneurial, rencontrent toujours des obstacles majeurs pour accéder au financement
L’accès au crédit demeure un défi persistant pour les femmes dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Bien qu’elles jouent un rôle crucial dans les secteurs informel, agricole et de la transformation, elles se heurtent à des barrières telles que le manque de garanties, la faible valorisation de leurs activités économiques, ou encore les obstacles liés à la propriété foncière.
En 2024, les données de la BCEAO confirment cette tendance : sur l’ensemble des crédits accordés aux particuliers, seulement 18,20 % du volume a été alloué aux femmes, contre 81,80 % pour les hommes. Cette proportion est en légère baisse par rapport à 2023, où elle s’élevait à 18,3 %.
Un coût de crédit plus avantageux pour les femmes
Malgré la faible part des crédits qui leur est accordée, les femmes de l’UEMOA ont bénéficié d’un coût d’emprunt globalement plus bas que celui des hommes en 2024. Le taux d’intérêt moyen pour les crédits accordés aux femmes était de 7,97 %, contre 8,26 % pour les hommes.
Cependant, il est important de noter que l’écart se resserre. Le taux d’intérêt pour les hommes a diminué de 7 points de base (pdb) entre 2023 et 2024 (passant de 8,33 % à 8,26 %), tandis que celui des femmes n’a baissé que de 4 pdb (de 8,01 % à 7,97 %) sur la même période.
Le Burkina Faso, leader en matière de taux d’intérêt
Parmi les huit États membres de l’UEMOA, le Burkina Faso se distingue en affichant le taux d’intérêt le plus avantageux pour les femmes, avec un taux débiteur moyen de 7,75 %. Il est suivi par le Bénin (8,13 %), le Togo (8,14 %) et le Mali (8,25 %). À l’autre bout du spectre, le Niger, avec un taux de 9,04 %, se positionne comme le pays où le coût du crédit est le plus élevé pour les femmes, suivi par la Côte d’Ivoire (8,71 %), le Sénégal (8,49 %) et la Guinée-Bissau (8,46 %).
Il est à souligner qu’en termes de réduction de taux d’intérêt, la Côte d’Ivoire arrive en tête avec une baisse de 4 pdb, suivie du Bénin (-3 pdb) et du Sénégal (-2 pdb). À l’inverse, certains pays ont vu leurs taux augmenter, notamment le Mali (+8 pdb), la Guinée-Bissau (+6 pdb), le Togo (+5 pdb), le Niger (+4 pdb) et le Burkina Faso (+2 pdb), selon le rapport de la BCEAO.





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