Après la démission fracassante du chef du contre-espionnage américain, Joseph Kent, cette semaine, c’est au tour de Tulsi Gabbard, une alliée du Président Trump, Directrice du renseignement national, de déclarer mercredi 18 mars que le pouvoir iranien n’avait pas cherché à relancer ses capacités d’enrichissement nucléaire depuis les frappes menées en juin 2025 par les États-Unis et Israël
Une déclaration à contre-courant de la vulgate trumpienne. Le renseignement américain a conclu mercredi que l’Iran n’avait pas essayé de relancer ses activités d’enrichissement nucléaire détruites dans des frappes américano-israéliennes en juin 2025, contredisant Donald Trump sur les objectifs de la guerre en cours contre Téhéran.
«À la suite de l’opération “Midnight Hammer”, le programme d’enrichissement nucléaire iranien a été anéanti. Depuis lors, aucun effort n’a été entrepris pour tenter de rétablir leurs capacités d’enrichissement», affirme la chef des services de renseignement, Tulsi Gabbard, dans une déclaration écrite soumise à une commission parlementaire du Sénat qu’elle n’a toutefois pas évoqué dans son prononcé. «Les entrées des installations souterraines qui ont été bombardées ont été recouvertes de terre et bouchées avec du ciment», a-t-elle ajouté. Le Président américain a répété à plusieurs reprises avoir ordonné l’attaque contre l’Iran le 28 février en raison d’une «menace nucléaire imminente» posée par l’Iran.
Démission fracassante
Interrogée pourquoi elle n’avait pas lu ces paragraphes lors de son audition, Tulsi Gabbard a répondu que c’était pour une question de temps, sans remettre en cause l’évaluation. Le sénateur démocrate Mark Warner l’a aussitôt épinglée en l’accusant d’avoir «omis à l’oral les parties qui contredisent le président». Les États-Unis s’étaient joints à Israël en juin pour bombarder des installations militaires iraniennes et son programme nucléaire, Donald Trump affirmant alors qu’il avait été «oblitéré».
Un haut responsable américain, Joe Kent, de la lutte contre le terrorisme a annoncé mardi sa démission pour protester contre la guerre menée contre l’Iran, affirmant que la République islamique «ne représentait aucune menace imminente» pour les États-Unis. Sur X, Tulsi Gabbard, qui est la responsable hiérarchique de Joseph Kent, avait assuré que seul le Président était «responsable d’évaluer ce qui est ou non une menace imminente», phrase qu’elle a répétée mercredi.
Le renseignement américain estime que le gouvernement iranien a subi de lourds revers dans les frappes américano-israéliennes en cours mais il reste «intact» et reconstruira son armée et son programme de missiles s’il survit, a déclaré la directrice du renseignement national lors de cette audition devant la commission du renseignement du Sénat. La communauté du renseignement américain «estime que le régime iranien est intact, mais fortement affaibli en raison des attaques visant ses dirigeants et ses capacités militaires», a-t-elle dit. «Si ce régime hostile survit, il cherchera probablement à recommencer un effort à long terme visant à reconstruire ses missiles et drones», a-t-elle ajouté.
Avec AFP





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