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Grand Entretien. Marissa Scott: « les Etats-Unis continuent de s’engager fermement en Afrique »

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Le centre médiatique en Afrique est une plateforme créée il y a bientôt 10 ans afin de faciliter les échanges entre la presse africaine et les institutions américaines. Il se veut une véritable interface dynamique entre les officiels américains et les médias africains.  Marissa Scott, récemment nommée à la tête de Hub Media Afrique du Département d’État américain, revient avec AFRIMAG sur le rôle de ce centre, mais également sur les relations entre le continent et l’administration américaine.

AFRIMAG : Depuis quand a été créé le Hub Media Afrique et qu’est-ce qui justifie sa création ? Comment cette nouvelle organisation compte-t-elle faciliter et participer à la liberté d’expression et de la presse à travers le continent ?

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Marissa Scott : Le centre médiatique en Afrique, basé à Johannesbourg en Afrique du Sud fait partie du Département d’Etat américain. Le Hub a été créé il y a près de 10 ans pour amplifier la politique américaine sur le continent et pour établir des relations durables avec les journalistes africains. Pour cette raison, notre tâche consiste à mettre en relation à la fois les experts en politique étrangère et les acteurs de la diplomatie américaine avec les médias africains.

En parallèle, nous travaillons en collaboration avec les services des Affaires étrangères de nos ambassades en Afrique afin d’améliorer la communication. Le centre médiatique en Afrique est le bureau central du porte-parole en langue française du Département d’État.

Chaque jour, nous nous rendons disponibles et répondons aux questions de divers journalistes. Nous contribuons ensemble à un dialogue favorable aux échanges. Dans le même ordre d’idées, nous combattons activement la mésinformation autour de la politique américaine présente dans différents médias. Nous avons conscience qu’une presse libre et transparente représente une des fondations de la démocratie.

 

Le Président Donald Trump est favorable à un désengagement progressif des troupes américaines à l’étranger. Les pays africains en proie au terrorisme doivent-ils s’en inquiéter ?

La lutte contre le terrorisme n’est pas terminée. Les États-Unis poursuivront leurs actions de soutien stratégique et de renforcement des capacités des partenaires africains pour faire face aux menaces terroristes actuelles et futures.

Les États-Unis continuent de s’engager fermement et de soutenir les efforts de nos partenaires africains, des organisations régionales et des alliés qui partagent la même vision pour réduire les menaces qui pèsent sur nos intérêts et nos partenaires dans la région.

Bien que le renforcement des capacités militaires dans les pays menacés par le terrorisme soit important, les États-Unis continuent de travailler avec des partenaires désireux de renforcer les capacités en matière de sécurité civile et de remédier aux conditions politiques et économiques sous-jacentes qui facilitent la propagation du terrorisme.

Au cours de l’année fiscale 2019, par exemple, le Département d’État américain s’est engagé à fournir une aide bilatérale pour la paix et la sécurité en Afrique subsaharienne d’environ 454 millions de dollars. Cette assistance favorise la paix et la sécurité, crée un environnement propice aux entreprises américaines, facilite la croissance économique et renforce la gouvernance responsable.

Les États-Unis continuent de collaborer activement avec les pays et les peuples d’Afrique pour soutenir leurs aspirations à une démocratie, une paix et une prospérité inclusives.
 

Au plan des échanges commerciaux, plusieurs programmes du département d’État tels que l’Agoa ont été mis en place afin de permettre aux pays africains de percer le marché américain. Le «American First» du Presi Donald Trump ne remet-il pas en cause l’efficacité de ces programmes pourtant chers aux pays africains ?

Depuis sa promulgation en 2000, l’Agoa est la pierre angulaire de l’engagement économique des États-Unis en Afrique subsaharienne. Elle a contribué à créer des centaines de milliers d’emplois et d’opportunités économiques sur tout le continent.

En 2019, 39 pays pouvaient bénéficier des avantages de l’Agoa. Grâce aux dispositions de l’Agoa en matière d’accès aux marchés et de règles d’origine, associées à une aide au renforcement des capacités commerciales, les États-Unis ont contribué à stimuler le développement économique, diversifier les exportations et promouvoir l’intégration régionale sur tout le continent.

L’Agoa s’accompagne d’avantages importants, mais nous avons conscience des inégalités à cet égard en fonction des pays. Il reste encore beaucoup à faire pour réaliser le plein potentiel du commerce entre les États-Unis et l’Afrique. Les importations américaines de produits non pétroliers dans le cadre de l’Agoa se montaient à 4 milliards de dollars en 2018, contre 1,4 milliard de dollars en 2001.

En 2018, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Lesotho, Madagascar et l’Éthiopie étaient les principaux exportateurs vers les États-Unis dans le cadre de l’Agoa

Les importations américaines notables sont en augmentation dans le cadre de l’Agoa sont notamment les vêtements, les pièces automobiles, les noix de macadamia, les bijoux, les oranges fraîches et les chaussures.

Les États-Unis continueront d’appuyer les actions visant à tirer le meilleur parti du temps restant dans le cadre de l’Agoa jusqu’en juin 2025. Nous pensons qu’il est temps d’étudier de nouveaux mécanismes d’orientation des futures relations commerciales et d’investissement avec le continent. L’Administration américaine entreprend toute une série d’initiatives pour favoriser l’accroissement du commerce bilatéral avec l’Afrique.

 

Liens commerciaux supplémentaires avec l’Afrique

  • L’Administration entend conclure des accords commerciaux réciproques sur le continent. Notre objectif ultime est de nous appuyer sur les succès de l’AGOA et de mettre en place un réseau d’accords commerciaux susceptibles de servir de pierres angulaires à un partenariat commercial continental définitif avec les États-Unis – un véritable partenariat commercial États-Unis-Afrique pour le 21e siècle.
  • L’Administration a lancé Prosper Africa, une initiative économique pangouvernementale qui vise à accroître le commerce et les investissements bilatéraux entre les États-Unis et l’Afrique. Elle permettra de coordonner l’ensemble des outils, les approches, les capacités, l’influence et l’assistance du gouvernement américain au service des opportunités commerciales et d’investissement du secteur privé.
  • La loi BUILD Act. consolide les pouvoirs de garantie et de crédit à l’investissement de 60 milliards de dollars US dont disposent l’OPIC et la Development Credit Authority de l’USAID pour former la nouvelle US International Development Finance Corporation (DFC). Au titre des innovations correspondantes, on peut citer la capacité de la DFC à prendre des participations dans des projets.
  • En 2018, le Congrès a accordé à la MCC le pouvoir de conclure des pactes régionaux simultanés pour promouvoir l’intégration économique, l’activité commerciale et la collaboration transfrontalières. Le Conseil d’administration de la MCC a sélectionné la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana et le Niger au titre des pays éligibles.
  • L’USTDA a lancé sa nouvelle initiative, Access Africa – un partenariat avec l’industrie américaine pour promouvoir le développement d’une infrastructure des technologies de l’information et de la communication de qualité dans toute l’Afrique subsaharienne.
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