En vue de la toute prochaine visite du pape en Guinée équatoriale attendue le 21 avril, les autorités de Malabo imposent à la population une contribution retenue sur les salaires mais aussi l’achat de tenues à l’effigie de Léon XIV, suscitant le mécontentement de nombreux citoyens. Pas sûr que cela fasse rire le Secrétariat du souverain pontife au Vatican
Pour sa première grande tournée internationale, le pape Léon XIV se rendra en avril en Algérie, au Cameroun, en Angola, puis du 21 au 23 avril en Guinée équatoriale. Nettoyage des rues, travaux dans l’espace public et vente d’objets à l’effigie du pape : les préparatifs vont bon train à Malabo. Mais les solutions choisies par les autorités équato-guinéennes pour financer cette visite exceptionnelle sont pour le moins, étranges et suscitent à juste titre, un tollé au sein de la population. En février dernier, le gouvernement a imposé aux fonctionnaires et aux militaires une retenue sur leur salaire, selon plusieurs témoignages recueillis par l’AFP. «On m’a pris 55.000 francs CFA (84 euros) sur mon salaire de 250.000 (381 euros),» témoigne ainsi une fonctionnaire du ministère de l’Information sous couvert d’anonymat, expliquant que cela avait été justifié par le financement de la visite du pape. « Je ne connais pas le pape et je ne suis pas catholique, sa visite ne me concerne pas (…) mais on m’a pris 50.000 francs CFA (75 euros) en février,» s’est plaint un officier de l’armée sous couvert d’anonymat. Les retenues sur salaires vont de 20.000 à 55.000 francs CFA (de 30 à 75 euros), au moins, selon les salaires.
Par ailleurs, une circulaire diffusée lundi à l’Université nationale de Guinée équatoriale (UNGE) précise la tenue que les étudiants devront obligatoirement porter lors de la visite du pape ainsi que son coût, 10.000 francs CFA, soit environ 15 euros.
Une majorité de la population équato-guinéenne reste pauvre en dépit d’un revenu par habitant parmi les plus élevés du Continent dû notamment aux revenus tirés du pétrole. Quelque 8,3% de la population était au chômage en 2025, selon la Banque mondiale.





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