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La journée de l’Afrique, en attendant les Etats-Unis d’Afrique

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L’Union africaine (UA) a célébré SA journée, comme de tradition, depuis 57 ans, le 25 mai. Et c’est toujours l’occasion de faire le bilan d’un modèle d’intégration économique que l’on veut calquer sur celui de l’Union européenne (UE) mais que plombent des considérations relevant du souverainisme des Etats.

En considérant les potentialités géostratégiques, l’on peut dire que l’Afrique a tout pour réussir son intégration : une population (optimale selon les démographes pour le développement à l’échelle continentale) de 1,2 milliard dont l’âge médian est de 20 ans (41% ont moins de 15 ans), une superficie de 30 415 873 km² (6% de la surface de la Terre et 20 % de la surface des terres émergées), ce qui en fait la troisième mondiale après l’Asie et l’Amérique si l’on considère cette dernière comme un seul continent. Mais l’Afrique est surtout vue comme un continent pourvoyeur de ressources naturelles importantes sans lesquelles l’économie mondiale ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Ce qui explique que toutes les puissances (USA, Chine, UE, Inde, Japon,…) s’empressent d’établir des relations privilégiées avec l’Afrique à travers des sommets et fora annuels.

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Drapeau Union AfricaineLe concept de commerce équitable basé sur le win win n’arrive cependant pas encore à consacrer des échanges économiques qui penchent toujours en faveur des partenaires de l’Afrique parce que, justement, l’UA n’arrive pas encore à établir son statut de bloc économique et politique stratégiquement constitué comme entité équivalente des autres regroupements continentaux.

Cette incapacité d’aller de l’avant explique, en partie, la “mort” de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), et la naissance de l’UA, sur ses décombres, le 9 juillet 2002, à Durban en Afrique du Sud, en application de la déclaration de Syrte du 09 septembre 1999. Depuis, cette volonté d’impulser un nouveau départ à l’Organisation pour tenter de rattraper le temps perdu et être en mesure de jouer un rôle de premier plan sur le plan géostratégique bute sur des obstacles de diverses natures empêchant une intégration économique pleine et entière devant servir de socle à ce désir d’émergence !

C’est dans la réorganisation des structures de l’Union calquée sur celles de l’UE, que l’on veut aller au-delà d’une “unité” qui n’a jamais fonctionné comme telle.

Si l’UE fait de manière régulière le bilan de son économie, et de ce qu’elle considère comme la Stratégie lui permettant de ne pas céder trop de terrain dans son rapport de force avec les autres “forces stratégiques” que son les USA, la Chine, le Japon et la Russie, en Afrique, la récurrence de grands dossiers donne l’impression que l’on fait du surplace : intégration non achevée, lutte contre la pauvreté, (in)efficacité de l’aide, etc.

L’Afrique, c’est 54 pays, ce qui est à la fois une force et une faiblesse. Une force quand ces Etats aux potentialités économiques et poids démographiques différents arrivent à communautariser leurs ressources dans un cadre leur permettant de fonctionner comme une entité structurée et autonome, à l’image du fédéralisme américain (50 Etats) ou de la Charte qui fonde le “confédéralisme” européen au sein d’une UE à 27.

L’Union africaine (UA), en tant qu’entité économique plus que politique entretient de bons rapports avec le reste du monde, à travers des sommets et forums qui se tiennent régulièrement pour raffermir des échanges commerciaux dont l’Afrique est, de plus en plus, l’un des centres d’intérêts.

En juillet 2018, lors de son 31ème sommet à Nouakchott, la comptabilité de l’Union africaine affichait un taux de recouvrement de 30% des cotisations. Pour atténuer la forte dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux qui ont assuré, en 2018, plus 75% de son budget de fonctionnement estimé à 800 millions de dollars US, l’indépendance financière figure en bonne place dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Ouverte en 2016, la question a été au menu des discussions de cette 32ème session ordinaire de l’Assemblée générale de l’UA qui avait réuni les chefs d’État et de gouvernement des 54 pays africains du 10 au 11 février 2019 à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Concernant le commerce avec le reste du monde, les principaux partenaires économiques de l’Afrique sont ceux qui ont mis en place des formes de rencontres pour renforcer les échanges avec le continent et soutenir une concurrence de plus en plus forte : France-Afrique, Chine-Afrique, Ticad (Japon), Africa Business Forum (USA), et les derniers-nés, Turquie-Afrique, Royaume-Uni-Afrique, Russie-Afrique.

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