Au Palais des Congrès de Cotonou, Romuald Wadagni a levé le voile lors d’une présentation dynamique sur scène sur un projet de société structuré pour la période 2026-2033, dans la continuité assumée de la décennie Talon tout en voulant marquer sa différence. Après avoir restauré les fondamentaux, le Bénin doit désormais transformer sa solidité économique en progrès tangible, à l’échelle des territoires et des citoyens. Une ambition résumée par le slogan «Plus Loin, Ensemble»
Le positionnement du candidat repose sur une articulation assumée entre continuité et inflexion. Continuité, car le programme s’appuie explicitement sur les acquis des dix dernières années, qu’il s’agisse de la crédibilité financière retrouvée, des investissements structurants ou de l’émergence de pôles industriels comme la GDIZ. Inflexion, car il s’agit désormais de faire descendre ces performances au niveau du quotidien, en réduisant les écarts territoriaux et en renforçant l’impact social de la croissance.
Une stratégie fondée sur la transformation des acquis
L’approche défendue par Romuald Wadagni repose sur une logique séquencée. Là où la première phase de réformes a consisté à stabiliser et structurer l’économie, la suivante doit permettre d’en capter les bénéfices de manière plus diffuse et plus visible.
Cette lecture se traduit par une volonté de territorialiser davantage l’action publique. Le programme prévoit la mise en place de pôles de développement adaptés aux spécificités de chaque département, avec pour objectif de créer des écosystèmes économiques locaux capables de générer de l’emploi et de structurer les filières productives. Cette approche vise à limiter la concentration de la richesse dans les grands centres urbains et à favoriser un développement plus équilibré du territoire.
Comme il l’a affirmé lors de la présentation de son projet : « Désormais, il faut s’attaquer au développement des territoires et s’assurer des retombées directes pour nos concitoyens.»
Au-delà de l’intention, l’enjeu réside dans la capacité à articuler investissements publics, mobilisation du secteur privé et montée en compétences locales. Le développement territorial est ainsi pensé comme un levier de transformation économique autant que sociale.
Jeunesse et capital humain : un levier central de transformation
Dans un contexte démographique marqué par une forte proportion de jeunes, le programme accorde une place structurante aux enjeux d’éducation, de formation et d’insertion économique. L’objectif est double : répondre aux besoins du marché du travail tout en limitant les déséquilibres entre formation et emploi.
Le déploiement des « Sèmè City Hubs » dans les territoires illustre cette volonté de rapprocher l’excellence académique des réalités locales. En parallèle, la formation aux technologies émergentes, notamment à l’intelligence artificielle, s’inscrit dans une stratégie visant à positionner le Bénin sur des segments à plus forte valeur ajoutée.
Le soutien à l’entrepreneuriat constitue l’autre pilier de cette approche. La création d’une plateforme de crédit digital, permettant un accès rapide au financement, vise à lever un obstacle structurel au développement des petites activités économiques. En facilitant l’initiative individuelle, le programme cherche à multiplier les opportunités sans dépendre exclusivement des grands projets industriels.
Un État stratège entre protection sociale et efficacité économique
Le projet porté par Romuald Wadagni s’appuie également sur un repositionnement du rôle de l’État. Sans remettre en cause la discipline budgétaire qui a fondé la crédibilité du pays, il propose un renforcement ciblé de la protection sociale.
La prise en charge des urgences vitales par paiement différé, le déploiement d’un SAMU social national ou encore l’extension des cantines scolaires participent d’une même logique : sécuriser les parcours de vie et réduire les vulnérabilités structurelles. Ces mesures traduisent une volonté d’ancrer davantage l’action publique dans les réalités sociales, sans rompre avec les équilibres macroéconomiques.
Enfin, le programme intègre une dimension institutionnelle et sécuritaire, en insistant sur la cohésion nationale et la proximité entre l’État et les citoyens. Le développement de mécanismes de dialogue participatif et les investissements dans les capacités de sécurité s’inscrivent dans une approche intégrée, où stabilité et développement sont étroitement liés.
À travers ce projet, Romuald Wadagni propose une lecture cohérente du moment béninois : celle d’un pays ayant consolidé ses bases et désormais confronté à l’exigence de résultats visibles pour sa population. Reste à savoir si cette promesse de changement d’échelle saura convaincre un électorat attentif à la traduction concrète des performances économiques dans la vie quotidienne.


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