Le «char des dieux» est une allégorie employée par le navigateur carthaginois Hannon lors de son périple sur les côtes occidentales de l’Afrique pour atteindre le mont Cameroun. Dans le golfe de Guinée, son exploration navale a peut-être atteint le sud de l’actuel Gabon, c’est-à-dire une latitude proche de l’Équateur.
Dans ces contrées au-delà des Colonnes d’Hercule, il semblerait désormais que la Russie bascule. Miroir de l’innovation vers les Objectifs du développement durable (ODD), la propriété intellectuelle peut-elle offrir de nouvelles clés à travers un incubateur ODD-yssée ? Chaise à bascule des empires d’hier et de demain vers la paix du crépuscule ?
Le développement de produits locaux et de chaînes de valeur intercontinentales a longtemps rythmé les ambitions carthaginoises, laboratoire inter-méditerranéen entre côtes africaines et européennes ou s’échangeaient notamment blé, huile d’olive, miel et bien d’autres richesses. Les échanges perdurent encore aujourd’hui entre la Tunisie et l’Italie avec l’huile d’olive et les dattes ou dans d’autres pays de coopération historique le long des anciennes routes commerciales de l’Empire romain (Libye et Ethiopie, berceau du café exporté à Venise).
Demain, l’Afrique deviendra-t-elle un empire des produits forestiers non-ligneux ? L’aromathérapie des forêts, les senteurs, la pharmacopée forestière, les alternatives non-alcoolisées au vin de palme : thés, arômes… peuvent nourrir des échanges porteurs d’avenir. Les forêts sont porteuses de nombreux débouchés qui peuvent aussi être éco-responsables. Les besoins en miel en Europe sont importants et les forêts du Cameroun peuvent répondre à cette demande, en y valorisant la qualité de cette production locale.
Sur les alternatives à l’huile de palme, Al Pican à Douala est une entreprise italienne de premier plan, dans la préparation de produits finis. Dans le golfe de Guinée, la filière cacao italienne est représentée par le géant Ferrero qui souhaite aussi développer de l’agriculture expérimentale. D’autres entreprises italiennes comme Palisco peuvent inspirer de nouvelles dynamiques partenariales, managériales et d’innovation susceptibles d’irriguer le «char des dieux» du continent africain.
Entre innovation «en miniature» et opportunités grandeur nature, Yaoundé est le siège de l’Organisation africaine de la Propriété intellectuelle (OAPI). La seconde plus ancienne organisation panafricaine fondée en 1962, juste après Air Afrique, fêtait son soixantième en 2022. Une date anniversaire qui invite à explorer le champ des possibles en 2023. Tant avec l’imagination que pourrait prendre demain une capitale afro-futuriste de la «New Nature Economy» en explorant des enjeux d’innovation, de propriété intellectuelle, d’agriculture régénérative et de forêts connectés et comestibles grâce aux nouvelles technologies. Et peut-être l’ambition d’une alternative au modèle de Singapour africain au Rwanda ?





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