Le gouvernement burkinabè a appelé l’ambassadeur de France en poste à Ouagadougou, Luc Hallade, à plus d’objectivité et de retenue et lui a signifié qu’une note de protestation lui sera transmise après des propos tenus le 5 juillet sur la situation sécuritaire au Burkina, a indiqué, jeudi soir, le ministère burkinabè des Affaires étrangères dans un communiqué.
Lors d’une audition du groupe d’amitié France–Afrique de l’Ouest, le 5 juillet courant, le diplomate français a qualifié la situation sécuritaire au Burkina Faso de guerre civile et a minimisé les efforts des Forces de défense et de sécurité burkinabè dans la lutte contre le terrorisme.
« Ces déclarations sont inacceptables selon le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso qui a indiqué à l’ambassadeur que le terrorisme est un problème complexe et sous régional et il ne peut être réduit en ces termes : ‘une partie de la population se rebelle contre l’État et cherche à le renverser’ « , ajoute le communiqué publié à l’issue d’une rencontre avec le diplomate français.
Le communiqué souligne que le Burkina Faso « ne s’accommode donc pas de cette analyse erronée et empreinte de jugements de valeurs sur la situation sécuritaire ».
« Luc Hallade en réponse a reconnu que c’est une faute de sa part, il conçoit que ses propos puissent heurter les sensibilités et dit regretter sincèrement », a relevé le communiqué.
« Pour la suite de la collaboration entre les deux pays, le ministère burkinabè des Affaires étrangères a invité l’ambassadeur de France à plus d’objectivité et de retenue, il lui a également signifié qu’une note de protestation lui sera transmise », a conclu le communiqué.
Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences, attribuées à des mouvements armés affiliés à Al-Qaïda et au groupe terroriste Etat islamique, qui ont fait des milliers de morts et 1,9 million de déplacés. Plus de 40% du territoire est hors du contrôle de l’Etat, selon des chiffres officiels.
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