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Lithium : La Chine sécurise son sourcing en Afrique

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Goulamina au Mali, Manono en RDC et maintenant Arcadia au Zimbabwe. Cette année, les entreprises chinoises ont sécurisé des millions de tonnes d’approvisionnement en lithium sur plusieurs années grâce au rachat ou à la prise de participations dans des projets phares du continent.

Au Zimbabwe, le projet de lithium Arcadia passe sous pavillon chinois. C’est ce qu’a annoncé récemment son actuel propriétaire, le groupe australien Prospect Resources, qui a conclu un accord ferme avec le chinois Zhejiang Huayou Cobalt, pour lui céder l’actif en échange de 377,8 millions de dollars.

Cette acquisition est le fruit d’un processus lancé en août 2021 et conduit par les sociétés de conseil Azure Capital et Vermilion Partners, afin de trouver des investisseurs capables de financer la construction de la mine. Cela aurait pu se traduire par la formation d’une coentreprise ou la signature d’accords d’approvisionnement en échange des fonds, deux méthodes de financement en vogue pour des métaux stratégiques comme le cobalt ou le lithium. Prospect a finalement opté pour une troisième voie.

Si cette transaction, soumise encore aux approbations réglementaires, notamment celles des autorités chinoises et zimbabwéennes, aboutit, il s’agira du troisième projet majeur de lithium sur le continent dans lequel les entreprises chinoises ont pris des intérêts au cours des derniers mois.

Plus tôt cette année, c’est CATH Energy Technologies qui a conclu un accord avec une autre société australienne, AVZ Minerals, afin d’acquérir 24 % d’intérêts dans Manono, le projet phare de lithium en RDC. Avant cela, une autre compagnie chinoise, Ganfeng Lithium, s’est déjà signalée en juin dans le cadre d’un partenariat avec l’australien Firefinch pour développer la future mine de lithium Goulamina au Mali. La même société avait déjà conclu l’année dernière un accord avec AVZ pour lui acheter du lithium…

Ces projets de «classe mondiale» peuvent soutenir une production de lithium sur 20 ans au moins (à Manono et Goulamina) ou sur plus de 18 ans (à Arcadia). Seul le projet ghanéen Ewoyaa (qui a une durée de vie de 11 ans selon l’étude exploratoire publiée début décembre) a échappé à l’appétit chinois, car entré dans le giron de l’américain Piedmont Lithium.

En dépit des tensions diplomatiques entre la Chine et l’Australie depuis trois ans, les partenariats dans le domaine minier se multiplient entre les sociétés des deux pays. Un pragmatisme qui s’explique du côté chinois par une volonté de sécuriser l’approvisionnement pour le lithium, un métal indispensable aux batteries des véhicules électriques que la Chine est leader mondial.

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