La décision a pris de court de nombreux groupes chinois qui exploitent les minerais stratégiques dans le pays. Dans un communiqué daté du 25 février, le gouvernement zimbabwéen a tapé du poing sur la table en suspendant avec effet immédiat, les exportations de tous les minéraux bruts et concentrés de lithium
Le ministère des Mines justifie la décision entre autres, par les sous-déclarations et les fraudes qui pullulent dans le secteur. L’interdiction des exportations restera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre » et concerne aussi les minerais en instance d’expédition à l’étranger. A la Chambre des mines du Zimbabwe, qui représente les principales sociétés minières du pays, le ministère des Mines a fait signifier qu’il allait réorganiser les procédures d’exportation en raison des inquiétudes suscitées par les «pratiques frauduleuses persistantes lors de l’exportation de minéraux.»
En fait, le Zimbabwe s’aligne sur la doctrine établie dans la plupart des pays africains qui regorgent des ressources minières qui exigent une valorisation sur place afin de dégager plus de valeur ajoutée locale, et donc, des revenus pour l’Etat.
Le Zimbabwe, premier producteur africain du lithium
Dans son communiqué, «le gouvernement ne laisse planer aucun doute : Il se dit «attaché à la valorisation et à l’enrichissement des ressources minérales du Zimbabwe au niveau national, ainsi qu’au respect des réglementations et à la responsabilité en matière d’exportation.» L’interdiction des concentrés de lithium au Zimbabwe devait initialement entrer en vigueur en 2027, dans le cadre d’une initiative visant à développer la transformation locale.
Premier producteur africain du lithium, un minerai utilisé dans les batteries, le Zimbabwe a exporté 1,128 million de tonne de concentrés du lithium en 2025, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. La majeure partie du concentré est exportée vers la Chine pour y être transformée, mais Harare fait pression sur les opérateurs miniers pour qu’ils transforment une plus grande partie des minéraux dans le pays. Ce sont essentiellement des sociétés minières chinoises, dont Zhejiang Huayou Cobalt, Sinomine, Groupe Chengxin Lithium et Yahua qui ont la mainmise sur le secteur.
Le groupe Huayou a récemment construit une usine de 400 millions de dollars pour transformer davantage les concentrés de lithium en sulfate de lithium, un produit intermédiaire qui peut être raffiné pour produire de l’hydroxyde de lithium ou du carbonate de lithium. Sentant le vent souffler, son concurrent Sinomine a également annoncé son intention de construire une usine de sulfate de lithium en investissant 500 millions de dollars sur son site minier de Bikita, au Zimbabwe.





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