L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) a officialisé, le 7 octobre 2026 à Marrakech, la création du Consortium Agreement dédié à l’Africa Center of Manufacturing Excellence (ACME). Réunissant le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce, l’Administration de la Défense nationale, Boeing, OCP Group, Lockheed Martin, CETIM, Safran Nacelles et Airbus, cette initiative vise à faire du Maroc un hub de référence pour les technologies manufacturières avancées, avec une ambition qui déborde largement ses frontières : structurer tout l’écosystème industriel africain.

L’accord a été signé en marge du Marrakech Airshow 2026, un choix symbolique pour un projet qui entend bien faire décoller l’industrie africaine. En associant institutions publiques marocaines et acteurs privés de premier plan, ACME dispose désormais d’une assise institutionnelle et industrielle solide pour consolider les capacités de fabrication avancée au Maroc, tout en préparant leur diffusion à l’échelle continentale.
Un laboratoire partagé pour l’industrie de demain
Hébergé par l’UM6P sur son site de Nouaceur, le centre fonctionnera comme un espace collaboratif où les membres du consortium pourront co-développer, tester et industrialiser des technologies manufacturières. L’objectif est clair : traduire la recherche en applications concrètes, renforcer les chaînes d’approvisionnement et investir dans les talents marocains. Pour ce faire, ACME mettra à disposition des équipements communs, des programmes de recherche coordonnés et des formations délivrées via l’ACME Academy.
De la matière première à l’usine intelligente
Le consortium se concentrera sur les domaines qui façonnent désormais la compétitivité des écosystèmes manufacturiers : matériaux avancés, fabrication additive, usinage, transformation des composites, automatisation industrielle, robotique, intelligence artificielle, métrologie et contrôles non destructifs. Concrètement, ACME fonctionnera sur une approche par projets, menés collectivement par ses membres ou développés en réponse à des besoins industriels spécifiques. Ces travaux de R&D pourront générer de nouvelles connaissances et de la propriété intellectuelle, tout en créant de la valeur pour les membres et en renforçant l’écosystème technologique régional.
Pour soutenir ce modèle, l’accord définit les modalités de gouvernance, de financement et de gestion de la propriété intellectuelle nécessaires à la coopération entre institutions aux mandats divers, tout en préservant une direction commune. Il prévoit également un modèle d’adhésion à plusieurs niveaux, permettant à d’autres organisations de rejoindre le consortium — sous réserve des dispositions de gouvernance établies — et d’y apporter de nouvelles capacités industrielles ou scientifiques.
Avec ACME, le Maroc franchit une étape décisive dans sa stratégie d’industrialisation : celle où l’innovation ne se contente plus d’arriver d’ailleurs, mais se conçoit, se teste et se déploie depuis l’Afrique, pour l’Afrique.





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